Pour une paix juste au Moyen-Orient

«Juste, digne et démocratique, un Etat palestinien viable est une nécessité et il sera le vrai garant de la pérennité et de la sécurité d’Israël. » C’est à cette conclusion qu’a abouti le Groupe de haut niveau constitué sous l’égide de l’ONU par Kofi Annan sur la proposition de José Luis Zapatero et Recep Tayyip Erdogan et dont sont membres André Azoulay, conseiller de SM le Roi, et Hubert Védrine, ancien ministre français des Affaires étrangères. Dans un article intitulé « Inventer la paix au Moyen-Orient », publié dans le journal « Le Monde » mercredi, MM. Azoulay et Védrine mettent l’accent sur les « signes encourageants » pour l’installation d’une paix durable au Moyen-Orient. A l’origine de ce vent d’espoir politique : l’initiative arabe pour une paix globale dans la région, désignée sous le nom d’Initiative Abdallah, à laquelle se sont montrés favorables le Premier ministre israélien, Ehoud Olmert, et son ministre de la Défense, Amir Peretz. A ce bon signe, s’ajoute un autre qui n’est autre, pour MM. Azoulay et Védrine, que la proposition de la ministre israélienne de l’Education de modifier, au nom de la vérité historique, les manuels scolaires pour y insérer la « ligne verte »  des frontières d’avant l’occupation en 1967.
Le Groupe de haut niveau des Nations unies pour l’alliance des civilisations inscrit sa volonté dans ce contexte de la quête de la paix qu’il souhaite plus audacieuse. 
Dans son rapport du 18 décembre présenté aux Nations unies, ce Groupe se montre convaincu de la nécessité d’aller au-delà des simples recommandations, car «aussi utiles soient-elles », celles-ci «finiraient aux oubliettes des archives onusiennes, si, par convenance ou consensus un peu lâches, nous refusions de nous prononcer sur les problèmes politiques qui s’enracinent dans tous les drames», estiment MM Azoulay et Védrine.
Les deux membres du Groupe appellent les Occidentaux à «se libérer d’une lecture sélective du passé et comprendre pourquoi un Marocain, par exemple, réagit avec la même passion et la même détermination qu’un Indonésien». Alors que propose le projet de l’alliance des civilisations ? Inventer la paix entre la Palestine et Israël en dressant, de toute urgence, «un état des lieux objectif du Moyen-Orient » sur la base de « trois réalités désormais irréfragables». Il s’agit, en premier, de prendre en considération le mouvement national palestinien «dont chacun a compris (…) la détermination à bâtir un Etat libre, respecté et doté des moyens de la souveraineté ». 
La deuxième réalité est celle du mouvement national juif ayant trouvé «son aboutissement en Israël dans une partie de la Palestine» et qui est tout aussi déterminé à suivre sa quête coûte que coûte. La troisième réalité, elle, s’attache à la volonté de tous, à commencer par les premiers concernés, « d’accepter et de faire vivre une solution digne, juste et éthique, qui donne ses vraies chances à la coexistence de deux Etats, palestinien et israélien, égaux en sécurité, en droits et en devoirs. » C’est dans l’équité des droits que la paix peut devenir une réalité. Une condition, toutefois, il faudra franchir le seuil psychologique et historique du conflit, car c’est à cela que tient « le premier pas sur le chemin de la dignité reconquise ».
Les Nations unies devraient y contribuer, soulignent MM. Védrine et Azoulay, en dévoilant « à l’opinion publique ce qu’on été le prix et le poids de ces soixante années d’incompréhension (…) de vérités cachées ».  L’équation Palestine-Israël aura alors toutes ses chances de se rétablir.  

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