Poutine au proche-orient

Poutine au proche-orient

Le président russe Vladimir Poutine s’est envolé hier dimanche en Arabie saoudite, au Qatar et en Jordanie, pré carré des Etats-Unis, après avoir critiqué l’«unilatéralisme» de Washington, source d’instabilité au Proche-Orient, où la Russie, son pétrole et ses armes, veulent compter.
Cette tournée de trois jours est la première d’un président russe dans ces pays du Proche-Orient. En 2005, M. Poutine avait déjà été le premier dirigeant russe d’un tel rang à se rendre en Israël et dans les territoires palestiniens. A la veille de son arrivée dans une zone sous forte influence américaine, le président russe a donné le ton en prononçant un réquisitoire violent contre la politique de domination «déstabilisatrice» des Etats-Unis, s’attirant les réactions indignées de l’Otan et du sénateur républicain John McCain.
«Les Etats-Unis sortent de leurs frontières nationales dans tous les domaines et cela est très dangereux, personne ne se sent plus en sécurité parce que personne ne peut plus trouver refuge derrière le droit international», a affirmé samedi le chef de l’Etat russe, devant la 43e conférence de Munich sur la sécurité. Il a également critiqué l’intervention anglo-américaine en Irak, soulignant que «des actions unilatérales, illégitimes, n’ont pas réussi à régler les problèmes mais ont au contraire aggravé les tragédies humaines».
La réponse du porte-parole du président George W. Bush pour les affaires de sécurité nationale, Gordon Johndroe n’a pas tardé. «Nous sommes surpris et déçus des commentaires du président Poutine», a-t-il déclaré. «Nous comptons poursuivre la coopération avec la Russie dans les domaines importants pour la communauté internationale tels que la lutte contre le terrorisme et la réduction de la prolifération et de la menace des armes de destruction massive», a-t-il précisé.
Vladimir Poutine, dont le pays entretient des relations plus que privilégiées avec la Syrie et l’Iran, deux Etats parias aux yeux de Washington, est arrivé dimanche 11 février à Ryad d’où il ne repart que ce lundi après des entretiens avec le roi d’Arabie saoudite Abdallah et une rencontre avec les milieux des affaires. A Ryad, temps fort de la tournée, le président russe devrait évoquer les crises internationales, le pétrole, la lutte contre le terrorisme et d’éventuelles ventes d’armes.
Dans la foulée, le président russe devrait faire escale quelques heures au Qatar, qui dispose des troisièmes réserves mondiales de gaz (après la Russie et l’Iran) pour parler «coordination» du marché gazier.
Attendu tard ce lundi soir à Amman, M. Poutine doit s’entretenir mardi avec le roi Abdallah II de Jordanie. Juste avant son départ, il doit rencontrer le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

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