Poutine en Israël : Une visite sous haute tension

Le président russe Vladimir Poutine est attendu en Israël pour une visite de deux jours. Cette visite qui entre dans le cadre d’une tournée au Moyen-Orient, qui a débuté mardi en Egypte, va permettre un retour en force de l’influence de Moscou dans la région.
Elle sera marquée par une série de divergences entre les deux pays qui menacent d’entraver les efforts de Moscou pour restaurer son influence dans la région.
Le président Poutine doit rencontrer jeudi le Premier ministre Ariel Sharon et le président Moshé Katzav avant de s’entretenir vendredi avec le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas à Ramallah (Cisjordanie), un déplacement qui constituera aussi une grande première. Selon les analystes russes, l’époque où le soutien soviétique aux gouvernements arabes contrebalançait l’appui américain à Israël est révolue. Aujourd’hui, la Russie affaiblie, a adopté une approche plus pragmatique et équilibrée. «C’est une politique réaliste. Ce n’est plus une lutte pour une domination idéologique», affirme Evgeny Satanovski, directeur de l’Institut du Proche-Orient à Moscou, dans un article du quotidien Vremya Novostei. Israël va dérouler le tapis rouge pour Vladimir Poutine. Cependant, le président va être confronté à des critiques sur sa décision de vendre des missiles de défense anti-aérienne à courte portée à la Syrie.  
Israel craint que ces missiles de type Strelets ne tombent dans les mains de la milice chiite libanaise du Hezbollah.
«Ces missiles représentent un grave péril pour l’aviation civile car la Syrie, qui soutient des organisations terroristes, pourrait les livrer au Hezbollah», a affirmé à l’AFP un responsable à la présidence du conseil, qui a requis l’anonymat.
Poutine a justifié la vente de ces missiles à la Syrie en expliquant qu’ils empêcheraient "des vols rasant au-dessus de la résidence du président Bachar al-Assad à Damas". Il faisait allusion au survol par des avions de combat israéliens de la capitale syrienne en 2003. Les responsables russes ont également objecté que ces missiles ne pouvaient par être utilisés en mode portatif et être tirés à l’épaule. De sa part, Poutine a reconnu qu’ils ne représentaient pas un danger pour l’armée de l’air israélienne.
Autre point de désaccord, c’est la participation de la Russie au programme nucléaire de l’Iran. Israël et les Etats-Unis affirment que Téhéran veut se doter d’un armement nucléaire qui modifierait l’équilibre stratégique dans la région. Selon des experts militaires étrangers, Israël est le seul pays du Moyen-Orient à disposer jusqu’à présent d’un arsenal nucléaire.
Le président Russe a proclamé, à plusieurs reprises que Moscou "est catégoriquement opposé à tout programme nucléaire militaire" dans ce pays. En revanche, un motif de tension a apparemment disparu au dernier moment avec la décision d’un tribunal de Moscou de reporter au 16 mai le verdict du procès intenté à Mikhaïl Khodorkovski, l’ex-patron du géant pétrolier russe Ioukos. Le verdict devait initialement être rendu public quelques heures avant l’arrivée du président Poutine en Israël. Peu auparavant, un responsable israélien avait annoncé que son pays refuserait une éventuelle demande d’extradition de trois hommes d’affaires d’origine juive associés à M. Khodorkovski, qui sont installés en Israël. Plus d’un million de personnes ont immigré de l’ex-Union Soviétique en Israël et constituent un sixième de la population.
Par ailleurs, il faut ajouter que Vladimir Poutine a proposé d’accueillir une conférence internationale sur le conflit israélo-palestinien à l’automne à Moscou.

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