Première apparition publique de Bouteflika

Première apparition publique de Bouteflika

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a fait, dimanche, sa première apparition publique quatre jours après les attentats d’Alger, tandis que les partis politiques sont montés en première ligne pour défendre la tenue des législatives le 17 mai et la réconciliation nationale.
Le chef de l’Etat s’est rendu dimanche à l’hôpital central Mustapha d’Alger au chevet de huit blessés, dont un enfant de 5 ans, victimes des attentats du 11 avril, parmi les 21 encore hospitalisés.
«Les deux attentats ont fait 30 morts et plus de 220 blessés au total», a déclaré le ministre de l’Intérieur Yazid Zerhouni, en marge de cette visite. M. Bouteflika a réconforté les blessés sans commenter les attentats, revendiqués par la branche d’Al-Qaïda au Maghreb.
M. Zerhouni a également annoncé que les deux kamikazes auteurs des attentats de Bab Ezzouar avaient été "identifiés", sans cependant fournir d’indication sur leur identité. Le troisième kamikaze, qui s’est fait exploser contre le Palais du gouvernement, avait été identifié comme étant Merouane Boudina, 28 ans, alias Mouaad Ben Jabal, jeune vendeur à la sauvette du quartier islamiste de Bach Djarrah. De leur côté, les partis politiques légaux ont réclamé la tenue des élections législatives à la date prévue du 17 mai. Ces partis et des organisations de la société civile ont appelé à des marches mardi pour "soutenir la politique de réconciliation nationale", dont M. Bouteflika est l’architecte, et "dénoncer le terrorisme ".
Pour permettre ces marches, les autorités vont suspendre l’interdiction des manifestations de rue, en vigueur depuis juin 2001. La politique de réconciliation nationale approuvée par référendum en septembre 2005, a permis, depuis février 2006, la libération de quelque 2.000 islamistes, qui ont affirmé s’être repentis, et de gracier quelque 300 éléments armés qui ont rendu leurs armes.
«Celui qui pense que (la réconciliation nationale) n’a pas ramené la paix serait de mauvaise foi», a estimé Louiza Hanoune, présidente du Parti des travailleurs (PT – gauche radicale, opposition).
«Si l’Etat a baissé la garde, c’est en raison justement de l’amélioration de la situation sécuritaire», a-t-elle déclaré à la presse, en soulignant que «reporter le rendez-vous des législatives rendrait service aux commanditaires de ces attentats».
«Les attentats d’Alger ne peuvent pas avoir d’impact sur la réconciliation nationale et le parti est déterminé à participer aux législatives», a déclaré Saïd Bouhadja, porte-parole du Front de Libération nationale (FLN – majorité).
L’ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia, président du Rassemblement national démocratique (RND – libéral), classé parmi les "éradicateurs", partisans d’une lutte à outrance contre le terrorisme, a déclaré, samedi soir, à la télévision publique, qu’il était «pour l’éradication, mais aussi pour le pardon et la miséricorde». Le porte-parole du Mouvement de la société de la paix (MSP – islamique majorité), Farouk Teissour, a appelé, pour sa part, les Algériens «à confirmer leur choix de la concorde civile en participant massivement aux législatives».

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