Première femme martyre, Wafa était secouriste

Wafa Idris, 27 ans, n’avait jamais confié à sa famille qu’elle appartenait à un quelconque mouvement politique. La nouvelle est tombée lorsque les Brigades des martyrs d’Al-Aqsa, groupe affilié au Fatah, ont revendiqué l’attentat commis par Wafa Idris dimanche dernier dans une rue de Jérusalem. Dans leur communiqué, les Brigades parlent d’ailleurs d’une « opération-martyre », laissant entendre qu’il s’agissait bien d’un attentat-suicide, alors que l’enquête n’arrivait toujours pas à déterminer l’origine de l’explosion – accidentelle ou volontaire. Wafa Idris est donc bien la première « chahida » de l’histoire de l’Intifada, enlevant ainsi toute limite humaine à un tel acte.
Divorcée, sans enfants, elle vivait avec sa mère et d’autres membres de sa famille dans le camp de réfugiés d’Amari, à Ramallah. Dimanche, comme chaque jour, il semble qu’elle est partie, comme si elle allait au travail, avec le Croissant-Rouge palestinien. « Elle est partie comme d’habitude, un sourire aux lèvres, courant comme si elle volait », raconte sa mère Wasfia aux journalistes. Quelques heures plus tard, ce dimanche, une femme faisait exploser une bombe de forte puissance en plein centre de Jérusalem, entraînant dans sa mort un Israélien de 81 ans et blessant plus d’une dizaine de personnes. Ne la voyant pas revenir dimanche en fin d’après-midi, la famille avait commencé à l’appeler sur son téléphone portable. C’est mardi soir que la police palestinienne lui a annoncé la nouvelle tandis que la police israélienne, elle, n’a toujours pas rendu publique son identité, expliquant encore mercredi qu’on ne savait pas s’il s’agissait d’un suicide délibéré ou si la jeune femme entendait déposer sa bombe et quitter les lieux.
Les parents de Wafa avaient quitté la ville de Ramle, en Israël, en 1948, pour se retrouver au camp d’Amari, qu’ils n’ont pas quitté depuis. Ses trois frères sont devenus membres du Fatah, et l’un d’eux est actuellement recherché par Israël. En tant que secouriste, toujours au coeur des affrontements israélo-palestiniens, Wafa a quant à elle été blessée à trois reprises. Sa belle-soeur, Wissam Idris, raconte avoir noté une évolution chez elle depuis le début de la nouvelle Intifada en septembre 2000. «Quand elle rentrait du travail, elle nous parlait des blessés qu’elle avait soignés, et elle semblait très touchée. Elle disait : si je meurs, je veux mourir en martyre »…

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