Privatisations : Une deuxième vague en 2020

Privatisations : Une deuxième vague en 2020

Avec la fin des dons des pays du Golfe, le gouvernement table sur 3 milliards de recettes dans le PLF

Les pépites de l’Etat potentiellement privatisables se font de plus en plus rares avec une décennie 90 qui a épuisé les gros lots.

L’Etat renoue avec ses amours des années 90. Le projet de loi de Finances (PLF 2020) ouvre la porte à une deuxième année consécutive de privatisations. Après la cession d’une part des actions en Bourse de l’Etat dans l’opérateur historique des télécommunications l’été dernier, l’Exécutif prépare une nouvelle vague de privatisations en 2020. C’est ce qui ressort du projet de budget déposé au Parlement. Le gouvernement continue sur sa lancée donc dans un contexte marqué par une hausse des engagements et des dépenses plus importantes des recettes. C’est d’autant plus vrai que les dons du Golfe devraient arriver à leur terme. A qui le tour? Il faut dire que les pépites de l’Etat potentiellement privatisables se font de plus en plus rares avec une décennie 90 qui a épuisé les gros lots.

Cela dit, des sources affirment que les deux dernières entités introduites dans la liste des privatisables, il y a quelques mois, sont toujours dans la liste d’attente. Il s’agit notamment de La Mamounia de Marrakech et la Centrale de Tahadart. Des cessions qui seront plus destinées à alléger le poids de la dette pour certains établissements publics. Les responsables comptent sur les recettes des privatisations et les remboursement des crédits TVA pour rendre la situation de certaines entités moins inquiétante. En plus des privatisations, le projet de loi de Finances dévoilé consacre la part belle aux secteurs sociaux. Dans ce sens, les mesures accompagnant le PLF 2020 concernant principalement la mise en œuvre de la loi-cadre relative à la réforme du système d’éducation, de formation et de recherche scientifique et ce, à travers la création de nouveaux emplois pour une enveloppe de 72,4 milliards de dirhams (MMDH).

Parmi ces mesures, figurent également la poursuite de la mise en œuvre du plan «Santé 2025» à travers la création de 4.000 emplois d’un coût global de 18,6 MMDH, tout en mettant l’accent sur l’exonération de la TVA sur les vaccins au niveau national et à l’importation, et l’allocation d’environ 18 MMDH pour la réduction des disparités spatiales et sociales. Il s’agit aussi d’appuyer à hauteur de 26 MMDH le pouvoir d’achat des catégories vulnérables et de la classe moyenne à travers la mise en œuvre des obligations contenues dans l’accord du dialogue social, de subventionner les produits de première nécessité dans le cadre de la Caisse de compensation (14,6 MMDH tenant en compte les procédures y afférentes), d’allouer quelque 9,6 MMDH pour la mise en place de la régionalisation avancée et de relancer l’investissement public en assurant le soutien aux TPE et PME et en mettant en œuvre les recommandations des 3èmes Assises nationales sur la fiscalité.

A noter enfin que le projet de loi de Finances 2020 a été élaboré conformément à un ensemble d’engagements résumés dans le coût du dialogue social, fixé à 6 milliards de dirhams (MMDH) au titre de l’année 2020, en plus des 5,3 MMDH alloués au cours de l’exercice 2019, la mobilisation des ressources financières allouées aux régions ainsi que les remboursements au titre de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) fixés à 10 MMDH.

Mesures nécessaires

Lors de la présentation du projet de budget, le ministre de l’économie, des finances et de la réforme de l’administration, Mohamed Benchaâboun, a souligné la nécessité d’adopter trois mesures nécessaires en vue de contrôler le déficit par rapport au PIB, à savoir la rationalisation des dépenses liées à la gestion de l’administration, le recours à des mécanismes de financement innovants dans le cadre de partenariats institutionnels, la gestion active des biens de l’Etat et des institutions publiques ainsi que la poursuite des opérations de privatisation.

Il faut préciser que le dernier Conseil de gouvernement a, en outre, examiné et approuvé les décrets accompagnant le PLF 2020. Il s’agit du décret n°845-19-2 portant délégation de pouvoir au ministre de l’économie en matière d’emprunts intérieurs et de recours à tout autre instrument financier.

Il s’agit aussi du décret n°846-19-2 portant délégation de pouvoir au ministre de l’économie en matière d’emprunts extérieurs et d’un autre décret n°847-19-2 portant délégation de pouvoir au ministre de l’économie en vue de conclure des contrats d’emprunts pour le remboursement de la dette extérieure onéreuse et des accords de couverture de risques de taux d’intérêt et d’échange de devise.

Hypothèse

Le projet de loi de finances (PLF) 2020 adopté par le gouvernement vise un taux de croissance du PIB de 3,7%, un objectif fondé sur l’hypothèse d’une récolte céréalière de 70 millions de quintaux, un cours moyen de pétrole à 67 dollars le baril et un prix moyen du gaz butane à 350 dollars la tonne.

Selon les responsables gouvernementaux, le PLF 2020 repose sur plusieurs priorités dont la mise en œuvre effective de la loi-cadre relative à la réforme du système de l’éducation et la formation en tant que base pour réduire les disparités et consacrer le principe de l’égalité des chances.

Il sera question aussi de l’amélioration du ciblage des catégories démunies et le développement progressif des aides directes dont elles bénéficient, l’accélération de la mise en œuvre du programme de lutte contre les disparités territoriales et sociales en milieu rural ainsi que l’accompagnement de la troisième phase de l’Initiative nationale pour le développement humain.

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