Prix Averroès: Abdou Diouf et Felipe Gonzalez Marquez primés à Marrakech

Prix Averroès: Abdou Diouf et Felipe Gonzalez Marquez  primés à Marrakech

La promotion d’un nouvel humanisme en Méditerranée est l’essence même du Prix Averroès qui est destiné chaque année  à deux personnalités représentant les deux rives de la Méditerranée. Pour l’année 2015, ce prix a été remis, samedi soir à Marrakech, à l’ancien président du Sénégal et ex-secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf, et l’ancien président du gouvernement espagnol, Felipe Gonzalez Marquez.

Dans une conjoncture difficile et un climat mondial teinté de violence et de fondamentalisme, il y a lieu de faire revivre des valeurs censées nous réunir sur la base d’un seul critère : l’humain en chacun d’entre nous. Parce qu’ils ont compris la primauté de cette condition sur toutes les autres que leurs missions respectives auraient pu leur imposer et en reconnaissance de leurs grands efforts dans la promotion des valeurs de paix et de tolérance, Abdou Diouf et Felipe Gonzalez Marquez se sont vus décerner le Prix Averroès. Ce prix, qui est à sa deuxième édition, a été initié par l’Université Cadi Ayyad de Marrakech en partenariat avec l’Université de Cordoue en Espagne et la Fondation Osservatorio del Mediterraneo  basée en Italie.

Présent à la cérémonie de remise de ce prix, le conseiller de SM le Roi André Azoulay considère le prix Averroès comme étant un rappel salutaire. Selon lui, en grand philosophe qu’il était, «Averroès est l’incarnation même de la foi et la rationalité». Tout en prenant l’exemple d’un Maroc qui a réussi à réunir toutes ses compositions et toutes ses identités sous un même drapeau, M.Azoulay rappelle que durant cette période d’échec, de régression et d’archaïsme, «nous additionnons toutes les histoires. Nous ne voulons être ni amnésiques ni résistants et nous refusons de céder à la pensée de la différence».

Il a également fait remarquer que toutes ces valeurs d’ouverture, de tolérance et de rationalisme étaient réunies à Marrakech en les personnes de Felipe Gonzalez et d’Abdou Diouf qui, selon lui, représente la dignité faite homme et président. «Vous avez porté haut le pavillon du Sénégal, de l’Afrique et de chacun d’entre nous», avait-il dit en s’adressant à l’ex-président du Sénégal avant de lui remettre en personne le Prix Averroès.

Importante de par les valeurs qu’elle fait renaître, la cérémonie de remise du Prix Averroès a été marquée par la présence d’éminentes personnalités intellectuelles et politiques, notamment le ministre de la communication Mustapha El Khalfi, le ministre de l’éducation nationale Rachid Belmokhtar et Omar Azziman, conseiller au cabinet royal et président délégué du Conseil supérieur de l’enseignement.

Ce dernier a remis le Prix Averroès à Felipe Gonzalez dont la carrière a été marquée par une action soutenue en faveur de la paix et la promotion des idéaux humanistes. Dessinant ainsi une continuité du combat mené par Averroès, il y a des siècles de cela, pour faire asseoir ces valeurs.
Pour Abdellatif Miraoui, président de l’Université Cadi Ayyad, «Averroès s’est toujours dressé contre l’obscurantisme et les fanatismes de son temps. Son œuvre se déploie sur cette ligne de crête entre la raison et la foi qu’il n’a cessé de rapprocher, de concilier, dans un déni constant des fanatismes et dogmes en tout genre».

Selon lui, en plus d’un hommage qui lui est rendu, c’est un appel pressant au retour de ce que ce personnage incarne que l’Université Cadi Ayad a voulu lancer en initiant ce prix en son nom. «Il faut que ce qu’il incarne soit préservé», insiste-t-il.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *