Prix du lait : Le Parlement s en mêle

Prix du lait : Le Parlement s en mêle

La hausse des prix du lait continue de faire des remous. Après les réactions du gouvernement et des associations de protection des consommateurs, c’est au tour du Parlement de se saisir du dossier. En effet, un appel vient d’être lancé à la Chambre des représentants pour réunir deux commissions parlementaires directement concernées par ce sujet, en l’occurrence la commission des finances et du développement économique et la commission chargée des secteurs productifs.

Les élus de la première Chambre qui espèrent tenir ces réunions rapidement veulent associer à leurs travaux trois départements ministériels, à savoir le ministère de l’agriculture et de la pêche maritime et le ministère de l’industrie, du commerce et des nouvelles technologies ainsi que le ministère délégué auprès du chef de gouvernement chargé des affaires générales et de la gouvernance. Selon une source bien renseignée à la Chambre des représentants, «les deux réunions seront consacrées à l’examen de la dernière hausse des prix du lait et de son impact sur la consommation et le pouvoir d’achat des ménages marocains».

L’appel des parlementaires à réunir les commissions concernées vient après que le ministère de l’agriculture et de la pêche maritime a annoncé l’organisation d’une réunion avec les producteurs du lait pour mettre toute la lumière sur les raisons qui ont poussé ces derniers à décréter la hausse. Il faut préciser que des efforts importants ont été consentis pour soutenir la filière qui bénéficie notamment d’une protection douanière. C’est la Centrale Laitière dont le capital est détenu majoritairement par le géant mondial Danone qui fut la première à appliquer une augmentation du prix du lait. Ainsi le prix d’un demi-litre de lait est passé de 3,30 DH à 3,50. Quant au lait UHT, il est commercialisé désormais à 9 DH le litre, au lieu de 8,50 et 5,00 DH pour le demi-litre au lieu de 4,70.

Moins de 48 heures après l’annonce de cette décision, les autres producteurs nationaux ont suivi les pas du leader national des produits laitiers (65% des parts du marché), s’alignant également sur les mêmes prix de la Centrale Laitière. Les associations de protection des consommateurs ont dénoncé cette hausse.

La FDMC (Fédération marocaine des droits du consommateur) avait fortement critiqué le timing de cette hausse où de nombreuses familles marocaines sont en vacances. Alors que certaines associations ont appelé au boycott, d’autres ont menacé de recourir à la justice pour pousser les producteurs à revenir sur leur décision.
Mais la loi de protection du consommateur en vigueur actuellement ne permet pas aux associations d’ester en justice sauf si elles sont reconnues d’utilité publique.

Le hic, c’est qu’aucune association de protection du consommateur n’est reconnue d’utilité publique pour le moment.
D’autres parties appellent à l’intervention du Conseil de la concurrence vu que tous les opérateurs nationaux ont décrété les mêmes hausses à des intervalles très réduits, ce qui suscite, selon ces mêmes parties, plusieurs interrogations. La réunion prévue entre le ministère de l’agriculture avec les producteurs nationaux devra apporter les premières éléments de réponse et surtout trouver une issue qui mettra tout le monde d’accord.

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