Proche-Orient : Le retour du dialogue

Sur le terrain, la police palestinienne va se déployer d’ici à jeudi dans le sud de la bande de Gaza, à la suite d’un accord avec Israël. Le déploiement des policiers palestiniens aura lieu entre le camp de Boureij, dans le centre de la bande de Gaza, et jusqu’à Rafah, dans le Sud, à la frontière avec l’Egypte, a indiqué mercredi à l’AFP un haut responsable palestinien. « Les Israéliens ont accepté les déploiements qui auront lieu dans les prochaines 24 heures », a indiqué ce responsable.
Dans le nord de la bande de Gaza, des centaines de policiers palestiniens sont déployés depuis la fin de la semaine dernière, ce qui s’est traduit par une forte diminution des attaques anti-israéliennes. Un proche collaborateur du Premier ministre israélien Ariel Sharon, Dov Weisglass, et le ministre palestinien chargé des négociations, Saëb Erakat, se sont rencontrés mercredi à Jérusalem.
Selon les Palestiniens, la réunion a permis de préparer la tenue d’un sommet entre M. Sharon et le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas. « Nous avons discuté en profondeur et en détail de plusieurs questions d’ordre politique ou liées à la sécurité, et principalement des préparatifs en vue d’un sommet entre les dirigeants israéliens et palestiniens », a déclaré à l’AFP M. Erakat. La présidence du Conseil israélien a publié un communiqué à l’issue de la rencontre indiquant que les contacts avaient repris à la suite « de développements positifs du côté de l’Autorité palestinienne, qui s’efforce d’empêcher le terrorisme ».
Un haut responsable sécuritaire palestinien a affirmé après le sommet que les forces de sécurité palestiniennes allaient prendre le contrôle de cinq villes de Cisjordanie dans les dix prochains jours. Il s’agit de Ramallah, Kalkiliya, Tulkarem, Jéricho, et d’une autre localité qui sera choisie ultérieurement. Les contacts politiques entre les deux parties avaient été suspendus par M. Sharon à la suite d’une attaque au point de passage de Karni, entre le nord de la bande de Gaza et Israël, qui avait coûté la vie à six civils israéliens. M. Sharon avait exigé que le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, élu le 9 janvier, « commence à agir contre les terroristes » comme condition à une reprise des discussions. Sur le front militaire, un haut responsable israélien a assuré que l’armée israélienne ne mènerait plus d’opérations de « liquidation ciblée » dans les secteurs où les policiers palestiniens assureront le calme et la sécurité. « En revanche, l’armée israélienne continuera à tout faire pour intercepter des bombes vivantes sur le point de commettre un attentat si les policiers palestiniens ne font rien pour les arrêter », a ajouté ce responsable. Jusqu’à présent, l’armée israélienne a procédé à des éliminations de responsables et d’activistes du Hamas, du Jihad islamique et des Brigades des martyrs d’Al-Aqsa, ce dernier groupe étant lié au Fatah de M. Abbas. Mais cette annonce a été rejetée par le Hamas et le Jihad islamique qui ont affirmé qu’ils jugeraient Israël sur ses actes. Les groupes radicaux ont exigé de M. Abbas qu’il obtienne la garantie par Israël de la fin des opérations de liquidations ciblées, comme une des conditions à leur acceptation d’un arrêt des attaques anti-israéliennes.
Par ailleurs, quatre Palestiniens, dont une fillette de trois ans, ont été tués par l’armée israélienne dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, selon des sources palestiniennes. L’armée israélienne a quant à elle confirmé la mort d’un activiste dans un raid à Kalkiliya (Cisjordanie).

• Jean-Luc Renaudie (AFP)

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