Quatrième congrès régional du PJD : Rencontre électrique de Benkirane à Agadir

Quatrième congrès régional du PJD : Rencontre électrique de Benkirane à Agadir

Ambiance électrique. C’est le moins qu’on puisse dire de la rencontre  à laquelle a pris part Abdelilah Benkirane le week-end dernier à Agadir. Le patron du PJD y était à l’occasion du quatrième congrès régional de son parti. Et il a eu tout le mal du monde à exercer ses talents d’orateur devant un public particulièrement survolté venu nombreux ce dimanche 23 septembre dans la soirée au théâtre de verdure pour l’écouter. En fait, ce qui a rendu la tâche de M. Benkirane difficile, c’est que dans le public, il n’y avait pas que des militants ou sympathisants du PJD. Loin de là. Des centaines de jeunes et moins jeunes représentant des associations de la région sont venus en masse arborant des banderoles, clamant des slogans pour demander non pas au patron du PJD mais au chef de gouvernement des réponses et des solutions urgentes à leurs problèmes, notamment en ce qui concerne l’habitat, l’enseignement et bien d’autres sujets épineux. Après une succincte prestation musicale, le bal s’ouvre avec un mot du secrétaire régional du parti, Abdeljabbar Al Kastalani, avant de céder la parole à Abdelilah Benkirane. Une rentrée sur scène qui suscite des brouhahas et des sympathisants et des contestataires. L’heure est au bruissement. Chacune des deux parties tente d’imposer sa voix. Musique à fond, sur les haut-parleurs, slogan du parti en chœur, le pari était loin d’être gagné. Du côté des non sympathisants, les contestations pleuvent: «Benkirane le voilà mais l’habitat où il est ?». Le chef du parti tente en vain de calmer les ardeurs. «Ma porte vous est ouverte. Venez me voir dans mon bureau à Rabat! J’ai lu le contenu des banderoles comme  j’ai noté vos demandes et je me pencherai sur tous ces dossiers. Mais ne me demandez pas de trouver des solutions immédiates pour des problèmes qui émanent en grande partie d’un héritage de plusieurs années», lance-t-il. Le ton monte d’un cran. Le secrétaire général tente de garder son calme.
«Nous sommes un parti démocrate. Nous vous avons ouvert nos portes, mais ne nous gâchez pas cette rencontre. Ne vous laissez pas manipuler ! Vous savez que vous n’avez rien à craindre de nous car nous ne sommes pas de ceux qui amènent des «pit-bulls» pour étouffer la voix des contestataires», ajoute-t-il. «Baissez ces banderoles ! Laissez-moi regarder vos visages. Ils m’inspirent quand je vous parle», réclame-t-il. «Vous êtes une minorité. Le peuple m’a élu. Je ne suis pas de trop», poursuit-il. Une autre tentative avortée. La voix des contestataires se répand en écho sur cette place publique.
«Laissez-moi parler ! Laissez-moi parler!», lance-t-il. Une phrase répétée en leitmotiv, par Benkirane, tout au long de ce meeting. «Ne vous laissez pas manipuler! Laissez-moi parler sinon je nommerai ceux qui vous remontent contre moi», annonce-t-il. De l’apaisement à la persuasion, toutes les cartes de la rhétorique ont été jouées par Benkirane, pour tenter de placer son allocution.
Cependant, la voix des contestataires a pris le dessus, ne laissant ainsi à Benkirane que quelques moments de répit où il a pu évoquer les efforts du gouvernement et de son parti.

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