Raffarin, le joker de Chirac

Jean-Pierre Raffarin n’a guère occupé que le ministère des PME du gouvernement d’Alain Juppé entre 1995 et 1997- et il est sénateur du plus petit parti de la droite, Démocratie Libérale. Face à son principal rival pour Matignon, Nicolas Sarkozy, il a résolument joué la carte de la proximité, multipliant les «raffineuses» que Jacques Chirac a semées dans ses discours tout au long de la campagne: la «France d’en bas», c’est lui, tout comme la «République des proximités» ou «la démocratie humaniste».
Né le 3 août 1948 à Poitiers, il a longtemps alterné parcours en entreprise et vie publique. Ce giscardien est entré en 1976 dans le cabinet du secrétaire d’Etat au travail Manuel Lionel Stoléru, où il était en charge de la communication.
En 1988, il devient le plus jeune président de région de France, en succédant à René Monory à la tête du conseil régional de Poitou-Charentes. Dans le même temps, il se frotte aux réalités locales en tant que maire-adjoint de Chasseneuil-du-Poitou. En 1989, il est élu député européen. Au moment de la scission de l’UDF, Jean-Pierre Raffarin suit Alain Madelin à Démocratie Libérale, dont il devient même vice-président en 1997.
Par ailleurs, avec la démission de Lionel Jospin prend fin la cohabitation la plus longue de la Ve République.
La cohabitation tumultueuse entre Jacques Chirac et Lionel Jospin aura duré quatre ans, 11 mois et quatre jours (2 juin 1997-6 mai 2002). Battu dès le premier tour de l’élection présidentielle, Lionel Jospin avait annoncé dès le 21 avril qu’il cesserait d’exercer ses fonctions de Premier ministre et se retirerait de la vie politique «après la fin de l’élection présidentielle». Il avait été nommé Premier ministre par Jacques Chirac le 2 juin 1997. Après la réélection dimanche de ce dernier avec près de 82% des voix, le chef du gouvernement s’est rendu comme prévu lundi à 10h30 à l’Elysée pour y présenter sa démission au chef de l’Etat. Accueilli à son arrivée par le secrétaire général de l’Elysée Dominique de Villepin, il a été raccompagné 13 minutes plus tard sur le perron par le président Jacques Chirac.
Les deux hommes se sont serré la main, avant que M. Jospin ne s’engouffre dans sa voiture. On ignorait jusqu’au dernier moment si M. Jospin se rendrait à l’Elysée pour présenter la démission de son gouvernement ou s’il se contenterait d’un message écrit.

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