Représentativité féminine dans la sphère politique: Le temps de passer des chiffres à l’action est-il venu ?

Représentativité féminine dans la sphère politique: Le temps de passer des chiffres à l’action est-il venu ?

Dans la vie politique, le paysage avance à pas hésitants, faute de cadre juridique intégrant la perspective du genre dans ses différentes composantes. C’est cette situation que le Maroc essaie de redresser en lançant officiellement, hier à Rabat, le projet «Vers des gouvernements inclusifs et ouverts : Promotion de la participation des femmes dans les Parlements et l’élaboration des politiques». En quoi consiste-t-il concrètement ?

Les dernières élections communales et régionales sortantes, l’élection des conseillers qui est prévue le 2 octobre et les législatives que le Royaume organisera dans environ une année. Tant d’événements qui remettent sur la table la question de la participation féminine à la vie politique. Présente à la cérémonie de lancement de ce projet, Bassima Hakkaoui a été claire : «Les chiffres ne veulent rien dire tant que la femme est mise à l’écart du processus d’élaboration des politiques et de prise de décision. Elle doit avoir accès aux postes de responsabilité». Par chiffres, la ministre de la solidarité, de la femme, de la famille et du développement social entend les 6.673 femmes élues lors des élections sortantes.  Un chiffre qui, bien en nette amélioration par rapport aux élections précédentes, relève la barre du défi. «La présence des femmes dans ces conseils communaux est un gros challenge. Nous espérons que seules les compétences seront admises comme critères de sélection car ces femmes doivent avoir accès au pouvoir sur une base unique : leur mérite», insiste-t-elle.

Pour ce faire à moyen terme, Hakkaoui se dit confiante quant aux aboutissements de ce projet fraîchement lancé sous l’aile de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Il s’agit en effet d’un projet d’appui aux efforts des pays de la région MENA en transition dans la promotion de la croissance inclusive et la bonne gouvernance. Ceci «en mettant à profit les politiques du gouvernement ouvert et en intégration  la perspective du genre dans les opérations parlementaires afin de maximiser l’intégration des femmes dans la vie publique et au processus d’élaboration des politiques», indique Martin Forst en sa qualité de chef de division des examens de la gouvernance et des partenariats à l’OCDE. Il est à noter que ce projet ne profite pas uniquement au Maroc mais inclut également la Jordanie et l’Egypte.
Concrètement, le Maroc bénéficiera d’un appui direct pour qu’il puisse renforcer la transparence des  législatures et les mettre à jour de façon à les rendre plus équitables et sensibles au genre. Aussi, à travers plusieurs ateliers et formations, cette initiative ambitionne de toucher à la fois les femmes élues, les candidates potentielles et la société civile. Cette dernière sera assistée, tel qu’expliqué par  la directrice du projet, au niveau du développement de compétences et d’assistance technique. Pour elle, «il faut assurer la continuité de ces efforts de renforcement d’accès des femmes aux institutions politiques».

Parallèlement à cela, et une fois mis en œuvre, ce projet devrait permettre une amélioration de la capacité de la consultation publique des parlements et les organisations de la société civile féminines dans le processus législatif.

Pour rappel, le projet «Vers des gouvernements inclusifs et ouverts: Promotion de la participation des femmes dans les Parlements et l’élaboration des politiques » qui s’étale sur trois ans (2015-2018), n’est à l’heure actuelle qu’à sa première phase préparatoire. Une réunion du comité de suivi a été organisée le jour même de son lancement officiel à Rabat pour en étudier les aboutissements.

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