Retour de Lockerbie au premier plan de l’actualité

Megrahi avait été condamné en première instance en janvier 2001, à la prison à vie, pour sa responsabilité dans l’explosion, le 21 décembre 1988, d’un Boeing 747 de la Pan Am au-dessus du village écossais de Lockerbie. 270 personnes (259 passagers et 11 personnes au sol) avaient péri dans l’attentat. Al-amine Khalifa Fhimah, son co-accusé, avait été acquitté.
Le Camp Zeist, où s’est tenu le procès en première instance des deux Libyens est une ancienne base militaire américano-néerlandaise désaffectée depuis 1994. Loin de toute habitation, l’endroit a été choisi en raison de son isolement, facilitant grandement la tâche des services de sécurité.
Megrahi, 49 ans, qui dément toute implication dans l’attentat, avait décidé de faire appel, une requête acceptée par la justice écossaise le 23 août 2001. Les arguments retenus par sa défense pour soutenir l’appel ont été tenus secrets, mais, selon des experts judiciaires écossais, de nouveaux éléments jetant le doute sur sa responsabilité, devraient être présentés. Me William Taylor, l’avocat de Megrahi, a précisé, lors d’une audience préliminaire, que ces nouveaux éléments étaient liés à un agent de sécurité. Selon la presse britannique, il s’agirait de Ray Manly, un vigile de l’aéroport de Londres Heathrow. Manly avait déclaré en septembre au « Mirror » qu’un cadenas à l’entrée de la zone des bagages de la compagnie américaine Pan Am avait été fracturé 17 heures avant le décollage fatidique pour New York. Un élément qui pourrait changer pas mal de choses, puisque, selon le « Mirror », la bombe à l’origine de l’attentat aurait donc pu être placée à Londres, au milieu des bagages en attente d’embarquement. L’accusation soutient que la bombe a été embarquée à Francfort dans le vol 103 après avoir été acheminée en bagage non accompagné par Megrahi depuis Malte. Toutefois, plusieurs experts en droit estiment que le témoignage d’un vigile sur une possible brèche dans la sécurité d’Heathrow ne sera pas forcément « crucial ». En outre, la présentation de nouvelles preuves n’est pas automatique et requiert l’autorisation des cinq juges d’appel. Pour l’obtenir, la défense doit montrer que ces nouveaux éléments auraient été suffisamment important pour modifier le verdict de première instance.
la défense ne se servira pas, dans ses arguments, des « preuves nouvelles » évoquées par Nelson Mandela après une rencontre avec Mouammar Kadhafi en avril 2001.
Le Royaume-Uni et les Pays-Bas ont signé en septembre 1998 — juste après que Londres et Washington eurent accepté la demande libyenne d’un procès en pays « neutre » – un accord dotant le camp Zeist d’un statut quasi diplomatique. en vertu de ce texte, la sécurité des abords du camp est la seule tâche incombant aux services néerlandais. A l’intérieur du camp, ce sont des policiers écossais qui sont les maîtres. Très attendu, ce procès en appel, qui pourrait durer quelque six semaines, ne devrait toutefois pas répondre aux nombreuses questions qui risquent de demeurer en suspens…

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