Réunion Benkirane et enseignants stagiaires : La désillusion

Réunion Benkirane et enseignants stagiaires : La désillusion

A quelques mois des élections législatives, une escalade dans la confrontation avec les grévistes risque d’avoir un coût politique très lourd pour la majorité aux commandes du gouvernement.

Les enseignants stagiaires déchantent. Leur réunion avec le chef de gouvernement n’a rien apporté de nouveau. En grève depuis plusieurs mois en protestation contre l’application d’un décret séparant la formation du recrutement, les enseignants stagiaires ont demandé une réunion avec le chef de l’Exécutif pour débloquer la situation. Au final, les deux parties n’ont pas réussi à trouver un terrain d’entente à l’issue d’une rencontre qui a duré pratiquement deux heures. Il faut dire que la réunion était très mal partie puisqu’elle a failli être annulée à la dernière minute. Alors qu’elle s’attendait à une rencontre avec les bureaux du chef de gouvernement au Méchouar, les représentants ont été informés quelque temps avant la rencontre que celle-ci aura lieu au domicile de Benkirane.

Rejetant cette idée, les enseignants stagiaires ont finalement accepté de voir le numéro un du gouvernement sis au quartier les Orangers dans son domicile familial. «M. Benkirane a fait savoir aux représentants des enseignants stagiaires que l’offre proposée par le wali de Rabat dans une précédente réunion était toujours sur la table», déclare Abdelhaq Arabi, conseiller du chef de gouvernement pour les affaires sociales. Problème. Les grévistes avaient déjà rejeté en bloc la proposition du wali de Rabat. L’offre consiste à embaucher l’ensemble des enseignants stagiaires en deux vagues. Un premier groupe devra être recruté à l’issue de la formation alors que le second sera embauché au plus tard début 2017. Mais il y a un bémol puisque le recrutement devra se faire sur concours.

Une idée loin de faire le consensus parmi les enseignants qui préfèrent poursuivre la grève. C’est la raison pour laquelle le chef de gouvernement a proposé une deuxième alternative au cours de sa réunion avec les représentants des stagiaires. «La deuxième proposition consiste pour les enseignants à reprendre les cours de formation tout en intentant un procès auprès des tribunaux. Le chef de gouvernement a fait savoir dans ce sens qu’il s’engageait à mettre en œuvre la décision de la justice sur ce dossier», ajoute Arabi. En gros, le chef de gouvernement demande aux stagiaires d’intenter un procès contre lui et son gouvernement.

Une idée qui n’a pas pour autant séduit les interlocuteurs de Benkirane. Ceci veut dire que la grève sera maintenue avec le risque pour le gouvernement de se trouver dans l’obligation de déclarer l’année blanche. Après plusieurs mois de grève, il paraît aujourd’hui difficile de rattraper le retard. Pourtant, les autorités évitent pour le moment de recourir à l’année blanche pour différentes raisons, notamment politiques. A quelques mois des élections législatives, une escalade dans la confrontation avec les grévistes risque d’avoir un coût politique très lourd pour la majorité aux commandes du gouvernement. C’est sans nul doute la raison pour laquelle Benkirane a proposé aux enseignants de recourir à la justice. En effet, d’un point de vue légal, les grévistes ont quand même un atout.

Si les décrets litigieux avaient été adoptés avant le début de la formation des enseignants stagiaires, leur entrée en vigueur effective n’est intervenue qu’après leur publication dans le Bulletin officiel. Une publication qui n’a eu lieu qu’après le démarrage des cours.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *