Réunion de la réconciliation entre le PI et le PJD

Réunion de la réconciliation entre le PI et le PJD

Abdelilah Benkirane n’a pas laissé s’écouler le temps que lui avait imparti Hamid Chabat pour lui fournir réponse aux trois exigences contenues dans le mémorandum adressé par le parti de l’Istiqlal à la présidence du gouvernement. Vendredi à Rabat, au terme d’une réunion de la réconciliation préparée par le MP et le PPS, les quatre leaders de la coalition ont convenu de considérer que cette question du remaniement- un an seulement après la constitution du gouvernement- n’était pas un tabou. L’information a d’autant plus surpris que le chef de gouvernement et, plus encore, Nabil Benabdallah qui a tenté une médiation entre les deux hommes, s’étaient refusés à l’éventualité de cette retouche. Outre cette perspective de changement, les quatre se seraient entendus sur l’éventualité d’une refonte de la charte de la majorité. Selon de premières informations, les chefs des partis au gouvernement auraient décidé de confier à une commission ad hoc le soin de préparer un projet dans les 15 jours.
Le parti de l’Istiqlal aurait également reçu satisfaction sur ce qu’il a qualifié de démarche unilatérale dans la gestion des affaires publiques, dans son mémorandum. Hamid Chabat pense en effet que le chef de gouvernement se conduit plus comme un leader de parti que comme un démocrate qui sollicite et prend l’avis de ses partenaires. Afin d’éviter que ce genre de comportement ne donne matière à dissensions, il a été décidé la constitution d’une commission au sein de laquelle seront débattues les grandes questions et authentifiés les instruments de leur solution. Selon des sources d’information proches de la présidence du gouvernement, les quatre composantes de la majorité ont considéré que les mesures décidées vendredi sont conformes à l’esprit d’équipe qui doit animer le gouvernement, renforcent sa cohésion et barrent la route aux interventions de l’extérieur.
Cette dernière allusion a été commentée par les observateurs comme dénotant la volonté de barrer la route à l’intention prêtée à Hamid Chabat de militer en faveur de l’entrée dans le gouvernement d’un cinquième parti avec lequel il serait mieux en phase. Ces mêmes milieux hésitent cependant à se prononcer sur qui a gagné le bras de fer entre le 1er parti du gouvernement et son  principal allié. Si pour certains le fait que Hamid Chabat ait eu gain de cause sur ces trois exigences est assimilable à une grande victoire, pour d’autres le fait que la coalition ait refusé de s’élargir- comme on l’a annoncé par voie de presse- est indéniablement un acquis à mettre à l’actif d’Abdelilah Benkirane. Selon eux, en suscitant une nouvelle adhésion de tous ses alliés, il s’est également acquis leur caution déclarée à l’action de son gouvernement. Cela devrait lui valoir quelques mois de navigation sans mer grosse. En fait, si victoire il y a eu vendredi soir, c’est celle de la conjoncture. Ella a commandé aux uns et aux autres de remiser les questions de préséance au placard et de s’attaquer à la foultitude des problèmes qui se posent.

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