Riyad en guerre contre le terrorisme

Le roi Fahd et le prince héritier Abdallah ben Abdel Aziz ont menacé lundi de «frapper d’une main de fer tous ceux qui oseront» mettre en péril la sécurité du royaume et des citoyens, après que les forces de sécurité saoudiennes eurent effectué deux raids dans la ville sainte de La Mecque contre des terroristes présumés. Le prince Abdallah a estimé que le triple attentat suicide du 12 mai à Riyad, qui a fait 35 morts, relevait d’«une guerre à laquelle il faut faire face par toutes les méthodes et tous les moyens». «Ces criminels n’ont pas hésité à exécuter leurs plans dans les villes saintes de La Mecque et de Médine, mais avec l’aide de Dieu et la vigilance de la population et des forces de sécurité, leur complot a été voué à l’échec », a-t-il déclaré. «Ces déclarations viennent à point nommé. Le danger menace tout le monde et doit être combattu avec une force décisive », estime Saoud al-Mousibih, chef du département des relations publiques au ministère de l’Intérieur. « Cela signifie que le terrorisme doit être éradiqué une fois pour toutes. La guerre implique aussi une confrontation idéologique, comme l’a annoncé le ministre de l’Intérieur», a ajouté M. Mousibih à l’AFP.
 Même son de cloche dans le quotidien anglophone Arab News qui estime dans un éditorial que les raids de la police «signifient que le royaume est maintenant en guerre déclarée contre les groupes engagés dans le terrorisme». Au cours des opérations menées samedi et dimanche dans divers quartiers de La Mecque, cinq suspects ont été tués, quatre autres blessés et plusieurs arrêtés, dont deux Tchadiens, un Egyptien et un Saoudien. Deux membres des services de sécurité ont été tués et cinq autres blessés dans les accrochages, avait précisé le ministère de l’Intérieur dans un communiqué. Le ministère a indiqué que les «terroristes» recherchés, dont le nombre est estimé à plusieurs dizaines, planifiaient des attaques «imminentes». Samedi, le ministre de l’Intérieur Nayef ben Abdel Aziz avait affirmé que les autorités avaient désormais la certitude que le réseau Al-Qaïda était à l’origine des attentats de Riyad. L’accrochage à La Mecque était la troisième confrontation sanglante entre des islamistes armés et les forces de sécurité au cours des deux dernières semaines.
Ces affrontements entrent dans le cadre de la traque menée par les autorités contre les extrémistes après le triple attentat du 12 mai. Fin mai, 15 personnes avaient été arrêtées par la police lors d’un raid à Médine (ouest) alors qu’un terroriste présumé recherché par les autorités avait été tué dans un accrochage dans la province de Haïl (nord). Trois oulémas extrémistes, qui avaient promulgué des fatwas incitant aux attaques contre les Occidentaux, figuraient parmi les suspects arrêtés à Médine.
La campagne menée contre les terroristes présumés a été saluée lundi par les chefs de la diplomatie des pays du Conseil de coopération du Golfe, au terme d’une réunion à Djeddah, sur la mer Rouge. Les ministres ont apporté leur soutien au royaume saoudien et aux « mesures prises pour éradiquer le terrorisme », selon le communiqué final. Plusieurs analystes estiment que l’indignation populaire suscitée par les attentats de Riyad a incité les autorités à prendre des mesures plus musclées contre le terrorisme. Pour M. Mousibih, «les terroristes n’ont pas réussi à gagner la sympathie du peuple saoudien».

Par Omar Hassan (AFP)

 

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