Salafya jihadiya : verdicts imminents

Les derniers propos des 87 mis en cause, impliqués dans les attentats terroristes qui ont secoué, vendredi 16 mai, Casablanca pourraient être prononcés aujourd’hui, lundi, et partant le compte à rebours avant le prononcé du verdict. Durant près d’un mois, la cour présidée par Me Lahcen Tolfi, épaulé par quatre assesseurs, Abdellatif Âbide, Tahar Bendaoud, Mustapha Âguilou et Saïd Saâd, a interrogé les mis en cause, répartis sur 15 dossiers et a écouté 14 réquisitoires présentés par Me Saoudi Grine et 87 plaidoiries présentées par une vingtaine d’avocats de la défense. Les derniers réquisitoires et plaidoiries remontent au vendredi dernier et ont concerné notamment les trois théoriciens de la Salafiya Jihadia, à savoir Mohamed Fizazi, Abdelkrim Chadili et Abdelkrime Haddouchi, poursuivis, à l’instar de Miloudi Zakaria, émir d’Assirate Al Moustakime, pour entre autres, constitution d’une bande de malfaiteurs, complicité d’atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat en portant la dévastation, le pillage et le massacre dans plusieurs localités, complicité d’homicide volontaire avec préméditation et guet-apens, complicité de voie de fait ayant entraîné infirmité permanente et blessures. Les trois réquisitoires du représentant du ministère public contre les trois théoriciens de la Salafiya Jihadiya les ont désignés comme les « têtes pensantes » de ce courant qui prône la violence et appelle au Jihad et au redressement des torts par la violence. Me Saoudi Grine n’a pas hésité à qualifier Mohamed Fizazi, alias Abou Meriem, comme « le gourou de la Salafiya Jihadia », qui n’hésite pas à « profiter du bas niveau d’instruction et de la naïveté des jeunes pour leur donner des cours portant sur l’excommunication de la société… ». Le représentant du ministère public a évoqué, par ailleurs, qu’Abou Mariem, enseignant de français en retraite, considéré à maintes reprises dans ses déclarations dans les journaux et les revues que «l’Islam est une religion de terrorisme et d’égorgement !». Me Saoudi Grine a affirmé également que Fizazi incitait ses adeptes à agresser les gens, considérés comme des apostats, et leur subtiliser les objets et l’argent qu’ils portent sur eux. « Il ne renonce pas, au nom de l’Islam de rendre licite les objets et l’argent de l’autre qu’il considère comme apostat », affirme le substitut du parquet général devant la cour. Concernant Abdelkrim Chadli, le représentant du ministère public a précisé que ce dernier est l’un des ténors de ce courant intégriste qui faisait la propagande aux idées d’Al Qaïda. A titre d’exemple, Me Saoudi Grine a avancé son interview avec l’hebdomadaire marocain en langue arabe « Al Ayyam », ainsi que l’un de ses livres intitulé en langue arabe : « Fasl Al Makal Fi Mani H’takama Ila Taghoute Mina L’Houkame ». A propos de Omar Haddouchi, le représentant du ministère public a précisé qu’il est l’un des théoriciens de la Salafiya Jihadia qui exploite les jeunes pour mettre ses idées en exécutions. Ces idées qui ressemblent à celles des autres théoriciens de ce courant qui appellent à la violence et aux actes terroristes. Leurs avocats, Mes Abdelghani Rizki et ÃŽssam Ibrahimi, ont tenté de les disculper en les considérant comme des boucs-émissaires, jugés suite à des accusations dénuées de tout fondement. Avant de clore leurs plaidoiries, les deux avocats ont réclamé l’acquittement des trois théoriciens. La même cour a écouté par ailleurs, les deux derniers réquisitoires du représentant du ministère public, dont lesquels, il a requis la peine maximale contre trois membves de la Salafiya Jihadia, à savoir Dhabet Mustapha, Saïd Akmir et Saïd Ghaïlane et quatre membres d’Assirate Al Moustakime dont la main droite de Miloudi Zakaria. Il s’agit de Brahim Firdaous, Ahmed Benaâzzouz, Ahmed Marzouk et Ahmed Sebbar. Alors que leurs avocats ont réclamé l’acquittement. En fermant ces dossiers à Casablanca d’autres, dont celui du Français Robert Pierre, seront ouverts la semaine prochaine à Rabat.

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