Ségolène Royal: «Tant que le soleil brillera, les retombées de la station Noor resteront infinies ! »

Ségolène Royal: «Tant que le soleil brillera, les retombées de la station Noor resteront infinies ! »

Entretien avec Ségolène Royal, ministre française de l’environnement

ALM : Que pensez-vous de l’initiative marocaine de s’ancrer aux énergies renouvelables, avec notamment l’inauguration de la station Noor ?

Ségolène Royal : Une telle initiative est non seulement louable, mais également possible. Nous le constatons aujourd’hui avec des pays d’avant- garde et qui vont de l’avant comme le Maroc. Aujourd’hui, le Royaume prouve au reste du monde, notamment aux pays qui ont du soleil, qu’ils peuvent faire la même chose. De plus, les pays qui possèdent ces technologies d’exploitation de l’énergie solaire se doivent de transférer cette énergie aux pays qui ne la possèdent pas. La coopération entre la France et le Maroc s’accélère d’ailleurs dans ce sens. Elle a été souvent évoquée lors de la COP21 et elle sera davantage renforcée quand la transmission de la présidence de la COP22, de la France vers le Maroc, sera opérée.

Et sur le plan régional, que représentera la future COP ?
Il est très important que nous puissions montrer ensemble que les coalitions sur les énergies renouvelables, qui ont été décidées à Paris durant la COP21, sont réelles et concrètes. Pour le continent africain, la prochaine COP sera décisive. A ce niveau d’ailleurs, la France a pris l’initiative, durant le Sommet des chefs d’Etat africains, de mettre 2 milliards d’euros sur la table afin de favoriser l’électrification solaire de l’Afrique et l’ancrage aux énergies renouvelables. Par conséquent, des coopérations entre le Maroc et la France peuvent aider à tirer l’Afrique vers le haut en termes d’accès à l’énergie solaire.

L’Agence française pour le développement (AFD) est déjà un très gros contributeur…Est-ce que son rôle sera renforcé ?
Bien évidemment. L’AFD est un partenaire incontournable de ce projet avec 150 millions d’euros. Comme vous le savez, l’AFD va contribuer aux 2 milliards prévus dans le cadre du projet de l’électrification solaire de l’Afrique. La Banque africaine de développement (BAD) est également un partenaire très important. Nous sommes en train de monter le partenariat financier, mais également technologique, qui nous permettront de tenir parole vis-à-vis du continent africain et par rapport aux promesses que nous avions faites durant la COP21.

Est-ce que vous pensez qu’un jour le Maroc pourrait arriver à vendre de l’électricité à l’Europe, notamment à la France ?
Cela prendra encore du temps. Il n’existe pas encore pour l’instant des interconnexions. Je pense que cela marcherait plutôt avec les pays limitrophes. Mais déjà, si le Maroc arrive à réaliser son autonomie grâce aux énergies renouvelables, alors il deviendrait tout simplement pionnier en la matière.
Déjà, le Maroc aspire à réaliser un mix de 50-50 avec les énergies renouvelables à l’horizon 2030, ce qui nécessitera un travail énorme, tout en représentant un défi formidable et un objectif très ambitieux.

Pensez-vous qu’un projet comme la station Noor a des chances de voir le jour en France ?
Non, il n’est pas transposable à un pays comme la France. Nous ne possédons pas l’espace au sol suffisant car nous avons beaucoup de terres agricoles et non un désert comme cela est le cas extraordinaire de Ouarzazate. De plus, Ouarzazate possède un très fort ensoleillement, ce qui représente également une particularité importante que nous n’avons pas en France.
En revanche, un tel projet pourrait être généralisable à tous les pays qui possèdent un désert et où n’existe aucune compétition entre les terres agricoles et les terres vides.

Quelles retombées sociales, économiques ou environnementales estimez-vous à l’avenir pour le projet Noor ?
Elles sont difficilement évaluables tellement elles sont infinies ! Rendez-vous compte, nous avons à Ouarzazate une centrale photovoltaïque quasi autonome et capable de produire de l’énergie verte sur toute l’année.
Cette station va continuer à améliorer ses procédés en termes de stockage d’énergie notamment, mais également en termes de captage du soleil. Elle est un immense générateur d’emploi pour la région. Tant que le soleil continuera à briller, les retombées positives resteront infinies !

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