Séminaire à Rabat sur les transitions et les réformes de la gouvernance dans la région Mena

Séminaire à Rabat sur les transitions et les réformes de la gouvernance dans la région Mena

 «A ceux qui se demandent pourquoi la Banque mondiale qui est une institution financière universelle se mêle de questions politiques et sociales, je réponds que c’est parce que la pratique nous a enseigné que l’économie à elle seule ne suffit pas à faire progresser les peuples», a déclaré Simon Gray, représentant de la banque au Maroc, en ouverture d’un séminaire organisé, lundi à Rabat, sur les transitions et les réformes de la gouvernance dans la région Moyen-Orient et Afrique du nord (Mena). Cependant, le sujet est si actuel et déterminant que non seulement y ont pris part les représentants des pays de la région, mais encore des personnalités de Slovénie, de Roumanie et de Turquie. Car, selon Simon Gray, la bonne gouvernance- laquelle est un acte essentiellement politique au départ- est une condition incontournable de la croissance économique, d’une meilleure prestation des services et du développement du secteur privé qui suppose, au demeurant, l’accès à l’information, la transparence budgétaire et l’amélioration de la fourniture des services, toutes choses qui participent de la participation. Pour la Banque mondiale en effet, pour rompre avec le passé, les pays de la zone Mena et se frayer une nouvelle voie de développement économique et social, il leur est conseillé de se fonder sur quatre priorités : la transparence et la réactivité aux attentes des citoyens, la lutte à court et moyen termes contre le chômage, l’inclusion sociale et économique –celle des femmes et des jeunes en particulier- et, l’encouragement du secteur privé. Ces orientations ont fait l’unanimité des participants, dont le ministre des affaires générales et de la gouvernance qui a mis en avant dans son discours d’ouverture les mesures de démocratisation politique, de rationalisation de la gestion de la chose publique et d’ouverture sur le reste du monde prises par le Maroc. «Le Royaume n’a pas attendu ce qu’on appelle «le Printemps arabe» pour engager des réformes pertinentes visant à renforcer la participation et la transparence dans la gestion des affaires publiques», a-t-il déclaré avant de tracer l’évolution du processus de démocratisation qui a porté le Maroc à l’organisation des élections de novembre 2011 au lendemain du discours royal du 9 mars. Il a ajouté que ce processus va se poursuivre et que le dialogue est engagé entre le gouvernement et les autres acteurs de la vie sociale et politique afin de pousser plus avant l’avantage du Maroc. Il a annoncé que de prochains sont attendus sur le plan de la convergence des politiques sectorielles, dans le domaine du droit à l’accès à l’information, de l’e.gov et donc de la transparence, de la réduction de la gestion centralisée et administrative et, de la gouvernance territoriale avec le projet de régionalisation avancée qui «permettra de réaliser des avancées significatives sur le plan de la déconcentration et de la décentralisation».
Le but final de ce dernier projet, a encore déclaré Najib Boulif, est de permettre l’émergence d’une nouvelle élite régionale, ce qui, selon lui, est susceptible de renforcer la participation. Mais, a-t-il conclu, ces étapes exigent des lois et partant, les choses doivent se faire graduellement.
La première partie du séminaire qui a porté sur le thème de la transition s’est également signalée par l’intervention de Milan Kucan, premier président de Slovénie, qui a dit les difficultés auxquelles a été confronté le processus démocratique dans son pays. «Il nous a fallu tout remettre en question dès lors que le système dirigiste antérieur avait failli», a-t-il déclaré avant d’exposer les différentes étapes de la démocratisation dans son pays. Mais s’il a considéré que ce sont des difficultés économiques qui ont amené à la volonté de changement en Slovénie, Petre Roman, ancien Premier ministre de Roumanie, a déclaré que dans son pays, ces causes ont également été politiques. C’est un système qui ne profitait  qu’à la nomenklatura, la majorité des citoyens étant marginalisée, a-t-il affirmé. Considérée comme condition essentielle à la transition, la transparence a fait l’objet de plusieurs interventions dans l’après-midi. Il y a été question d’accès à l’information, à la transparence du budget, dans les entreprises et les finances publiques et au rôle des médias pour promouvoir la redevabilité, c’est-à-dire la reddition des comptes.

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