Session parlementaire d automne : le projet de loi de Finances sur le devant de la scène

Session parlementaire d automne : le projet de loi de Finances sur le devant de la scène

A moins de 24 heures de l’ouverture de la session automnale du Parlement, les partis politiques affûtent leurs armes. Il s’agit d’une rentrée parlementaire exceptionnelle puisque le gouvernement l’abordera avec une équipe revue et corrigée ainsi qu’une majorité modifiée avec l’arrivée du RNI (Rassemblement national des indépendants). Si la session parlementaire d’automne est généralement dominée par le débat sur le projet de loi de Finances, les groupes parlementaires, notamment de l’opposition, ont des priorités supplémentaires.
L’USFP (Union socialiste des forces populaires) veut marquer un retour en force sur la scène politique et parlementaire.

Ahmed Zaidi, président du groupe parlementaire du parti à la Chambre des représentants, annonce la couleur. «Nous voulons débattre prioritairement à la rentrée de la situation politique atypique marquée par une crise gouvernementale que le Maroc n’a jamais connue depuis son indépendance provoquant des difficultés économiques et une fuite des investisseurs. L’ouverture d’un dialogue politique est nécessaire sur ce sujet», affirme-t-il. Et de poursuivre: «Il faut expliquer à l’opinion publique comment notre pays peut fonctionner avec un gouvernement de gestion des affaires courantes pendant six mois. Quelle serait alors l’utilité du gouvernement ?».

Si l’annonce d’un nouveau gouvernement devra intervenir probablement avant l’ouverture de la session parlementaire, l’USFP veut des précisions sur la future équipe. «Il va falloir que le chef de gouvernement vienne au Parlement pour expliquer si son équipe gardera le même programme gouvernemental ou bien un nouveau sera réalisé. Les deux derniers points prioritaires pour notre parti sont le projet de loi de Finances qui accuse un sérieux retard sauf si le gouvernement des affaires courante a déjà réalisé un projet. Il nous faut également des explications. Le dernier point concerne le chantier des lois organiques», conclut Ahmed Zaidi.

Un autre parti veut bien faire parler de lui lors de cette rentrée parlementaire, à savoir l’Istiqlal après son retour de l’Istiqlal à l’opposition après plus d’une décennie passée dans les gouvernements successifs depuis l’expérience de l’alternance politique. Adil Benhamza, porte-parole du parti (voir entretien ci-contre), explique la feuille de route de l’Istiqlal dans l’opposition.
La coordination avec l’USFP sera d’ailleurs renforcée. «Nous avons une commission conjointe qui travaille actuellement à élaborer une vision de travail commun pour nos deux partis à la fois sur les fronts parlementaire, partisan et syndical», annonce Benhamza.

L’Istiqlal, quant à lui, a mis l’accent sur les projets de lois organiques, nécessaires, selon les responsables de ce parti, pour la mise en œuvre complète de la Constitution de 2011. Les partis de la coalition gouvernementale, quant à eux, veulent faire de l’année 2014 une année décisive. C’est le cas notamment pour le Mouvement populaire. «La priorité sera sans nul doute le projet de loi de Finances qui devra contenir des dispositions importantes. Il sera également question d’accélérer le rythme du travail législatif à travers l’adoption des projets et propositions de lois», explique Abdelkader Tatou, vice-président du groupe parlementaire du Mouvement populaire. Et de poursuivre : «L’année 2014 sera décisive en ce qui concerne les projets de lois organiques.

Nous devons passer à la vitesse supérieure sur ce dossier. Même si les élections communales et régionales sont repoussées jusqu’en 2015, il va falloir s’y préparer notamment avec l’adoption des lois organiques en rapport avec ces échéances». Ce dernier reste optimiste concernant l’homogénéité de la majorité gouvernementale dans sa nouvelle version. Reste maintenant à savoir si le Parlement pourra rattraper le retard en ce qui concerne le projet de loi de Finances 2014.
Un projet qui sera une première véritable épreuve à la fois pour le nouveau gouvernement et le Parlement.

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