Sharon courtise le Caire

L’Etat hébreu a relâché 159 prisonniers palestiniens lundi en geste apparemment « de bonne volonté » à l’égard de la nouvelle direction palestinienne.
Toutefois, les responsables palestiniens ont tenu à minimiser l’importance de cet acte de marketing politique.
En tout cas, les prisonniers, qui appartiennent pour la majorité au mouvement Fatah, ont été relâchés en cinq groupes, à différents points de passage reliant Israël à la Cisjordanie et à la bande de Gaza. Cette opération intervient effectivement dans le cadre d’un accord entre Tel-Aviv et le Caire, fruit de plusieurs mois de tractations secrètes. A noter qu’au début du mois de décembre, les autorités égyptiennes ont procédé à la libération de Azzam Azzam, un Israélien resté huit ans derrière les barreaux égyptiens pour espionnage. En contrepartie de l’extradition de l’espion Azzan, les autorités israéliennes ont relâché six étudiants égyptiens accusés de préparer un attentat dans l’Etat hébreu et a promis de libérer plusieurs autres prisonniers palestiniens. C’est maintenant chose faite. Surtout que Sharon compte sur l’appui égyptien pour mettre en oeuvre son plan de retrait unilatéral.
Le Premier ministre palestinien Ahmad Qoreï a appelé Israël à libérer tous ces prisonniers. « C’est le fruit d’une entente entre l’Egypte et Israël qui n’a aucune incidence sur nos rapports avec Israël ou sur le processus de paix », a déclaré à l’AFP le ministre palestinien chargé des Prisonniers, Hicham Abdelrazzek. Et d’ajouter « c’est un geste trompeur car Israël continue de détenir 8.000 Palestiniens ».
Plus diplomatique, le président par intérim de l’OLP, Mahmoud Abbas, « Abou Mazen », a quant à lui salué cette mesure tout en appelant l’Etat hébreu à relâcher des personnes emprisonnées depuis longtemps, y compris l’ancien chef du Fatah en Cisjordanie, le charismatique Marouan Barghouti, Pour sa part, le premier ministre palestinien, Ahmed Qoreï, a estimé que « la libération de n’importe quel détenu palestinien nous réjouit mais il faut que tous les prisonniers politiques et sécuritaires soient relâchés. Ce sont eux qui nous intéressent et non pas les prisonniers de droit commun », a-t-il dit à la presse à l’issue d’une rencontre à Ramallah avec le conseiller d’Etat chinois, Tang Jiaxuan.
En plus, la plupart des prisonniers relâchés devaient finir leurs peines dans les prochains jours. « Cette opération n’a aucune dimension humanitaire car il y des centaines de prisonniers malades ainsi que des femmes et des enfants qui en ont été exclus », a affirmé à l’AFP Issa Qaraqëa, président de la principale association de soutien aux prisonniers palestiniens.
Il ne fait pas de doute que cette opération de charme de la part du gouvernement Sharon ne trompe personne. Israël tente ainsi de camoufler les exactions quotidiennes commises à l’égard des civils palestiniens, au vu et au su du monde entier.
Le même jour, c’est-à-dire hier lundi, un chef des Brigades des martyrs d’al-Aqsa, branche armée du Fatah, a été tué par une unité spéciale de l’armée israélienne à Naplouse (nord de la Cisjordanie). En fait, Sharon prend le soin d’attiser un feu, juste avant d’en éteindre un.

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