Sharon obtient gain de cause

Deux jours de débats animés auront été nécessaires pour le vote par le Parlement du plan de retrait de la bande de Gaza. La Knesset comptant 120 membres, 67 députés ont voté pour le plan, contre 45 qui l’ont rejeté et sept qui se sont abstenus.
Au passage, Ariel Sharon a dû limoger deux ministres qui avaient voté contre son plan, mettant à exécution la menace qu’il avait brandie, celle de limoger tous les ministres et vice-ministres du Likoud qui voteraient contre son plan. Des lettres annonçant leur limogeage ont été adressées au ministre Uzi Landau et au vice-ministre, Michael Ratzon, peu après le vote.
Pour faire voter son plan, qui prévoit un retrait des 21 colonies juives de la bande de Gaza et de quatre des implantations de Cisjordanie, Sharon a dû recevoir le soutien des travaillistes, qui pourraient devenir des partenaires possibles d’une coalition si le Premier ministre perdait ses appuis au Likoud.
Étape cruciale vers une première évacuation de terres que les Palestiniens réclament pour un futur Etat, le plan de retrait de la bande de Gaza a suscité moult controverses. Ce plan sans précédent, visant à évacuer le territoire palestinien occupé depuis 1967, a valu à Sharon des menaces de mort et de guerre civile, profondément divisé son parti, le Likoud, et plongé le paysage politique israélien dans la tourmente.
« Nous avons liquidé Rabin et nous liquiderons Sharon », « Sharon traître », scandaient certains slogans vociférés par des colons, venus par milliers s’entasser autour du Parlement, pendant le débat très animé à la Knesset.
Parallèlement, les résultats de ce vote ont provoqué une « insurrection » au sein du Likoud. Le chef de file de cette fronde n’est autre que l’actuel Grand argentier et rival numéro un de Sharon au sein du Likoud, Benjamin Netanyahou, qui menace de démissionner si un référendum sur le plan n’est pas organisé.
« Nous avons décidé de donner deux semaines au Premier ministre pour annoncer un référendum. S’il ne le fait pas, nous ne serons pas en mesure de rester dans ce gouvernement », a déclaré Netanyahou aux journalistes peu de temps après que la Knesset avait approuvé le projet de Sharon.
Le ministre des Finances est soutenu dans son entreprise par trois autres membres du gouvernement israélien ; les réfractaires ont, en effet, fixé un ultimatum de deux semaines au Premier ministre pour organiser un référendum, sous peine de démission. Sommation que le Premier ministre israélien a fermement rejetée.
« Je ne cèderai jamais aux pressions et aux menaces et je n’accepterai jamais un quelconque ultimatum », a déclaré Ariel Sharon au quotidien Haaretz. « Ma position sur le référendum n’a pas changé : j’y suis hostile parce qu’il provoquerait de fortes tensions et déstabiliserait l’opinion publique », a-t-il ajouté.

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