Sharon poursuit ses manoeuvres

Dans ses bureaux d’Al-Qods, Ariel Sharon a rencontré secrètement mercredi Ahmed Qoreï, le président du Conseil législatif palestinien, Mahmoud Abbas, le numéro deux de l’OLP, et Mohammed Rachid, le conseiller économique du président Yasser Arafat. Une rencontre, précise la radio publique israélienne, qui a eu lieu avec le feu vert du chef de l’Autorité palestinienne.
A New York, Shimon Peres, le ministre israélien des Affaires étrangères, et M. Qoreï se sont rencontrés vendredi soir pour discuter d’un projet de plan de paix qu’ils tentent de mettre au point.
De source palestinienne, on affirme également que la haute commission de sécurité mixte s’est réunie vendredi en Israël en présence de représentants américains. Depuis ses bureaux de Ramallah où il est cerné par les chars de l’armée d’occupation israélienne, M. Arafat a affirmé avoir « donné l’ordre de continuer tous les efforts et de poursuivre les contacts avec les Israéliens à tous les niveaux et par tous les moyens ». En fait ces rencontres n’induisent pas en erreur les observateurs.
On peut en effet relever que Sharon a accepté la demande des trois responsables palestiniens de poursuivre les contacts pour parvenir à un cessez-le-feu à son retour des Etats-Unis, où il doit rencontrer jeudi le président Bush. Il s’agit, tout au plus, d’un « geste » pour épater la galerie avant son départ pour les Etats-Unis. Car, dans une interview publiée vendredi, il avait indiqué qu’il avait l’intention de « proposer au président Bush d’ignorer Arafat, de le boycotter, de n’avoir aucun contact avec lui et de ne lui envoyer aucune délégation ». Les Palestiniens ont, pour leur part, exigé l’arrêt des liquidations d’activistes palestiniens, la fin des incursions militaires en zones palestiniennes et la levée du blocus imposé à M.Arafat confiné à Ramallah depuis le 3 décembre.
Sharon a pour sa part exigé l’arrestation de « tous les terroristes recherchés », le démantèlement des groupes « terroristes », la confiscation des armes détenues illégalement par les « organisations terroristes », des opérations « sérieuses » pour faire échec à des projets d’attentats anti-israéliens et l’arrêt « des campagnes d’incitation à la violence ». Bref, son attitude n’a pas changé d’un iota et il voudrait que les Palestiniens tuent d’autres Palestiniens qui tente de s’opposer à l’invasion et à la répression prodiguées quotidiennement par l’armée d’occupation.
Sharon, qui, ne l’oublions pas, vient de regretter publiquement de n’avoir pas pu liquider Arafat pendant la triste campagne du Liban, en 1982. Un objectif, qui, malgré toutes les dénégations dont il est capable, continue de le hanter.

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