Sharon : Un Etat palestinien sous conditions

Lors d’une conférence de presse avec le président Bush, le Premier ministre israélien a affirmé qu’ « Israël est engagé par la paix ; à la fin d’un processus, je crois qu’un Etat palestinien sera créé et que nous verrons un Etat palestinien ». Il a toutefois souligné que cet « Etat ne pourra être créé qu’à la fin d’un processus ». Et de dresser toute une série de conditions-obstacles qu’il avait déjà énoncées à plusieurs reprises ces derniers mois. « Il faut d’abord que les terroristes soient arrêtés et jugés, que les organisations terroristes soient démantelées, que les armes illégales soient confisquées et il faut que les campagnes d’incitation à la violence cessent ». Il faudrait peut-être aussi que les incursions de l’armée d’occupation cessent. Ainsi que les exécutions sommaires de responsables palestiniens. Mais également le double langage. Même de mauvaise foi, la déclaration de Sharon avait suscité une grogne de l’aile dure du Likoud, son propre parti, ainsi que des formations d’extrême droite membres du gouvernement d’union nationale. En revanche, Shimon Peres, le ministre des Affaires étrangères, a proposé la création rapide d’un Etat palestinien afin de permettre une relance du processus de paix. Mais Sharon a rejeté ce plan actuellement mis au point par le chef de sa diplomatie et le président du Conseil législatif palestinien, Ahmed Qoreï. Une démarche appuyée par Paris. Mais l’Union européenne n’a « jamais joué de rôle au Proche-Orient, car les Israéliens ne l’ont jamais reconnu et cela a été très préjudiciable pour la paix ».
C’est ce qu’affirme Romani Prodi, le président de la Commission européenne, dans une interview publiée vendredi par le quotidien espagnol El Pais. Tout est dit. Interrogé sur la liste de quatre noms proposée par Ariel Sharon à George W. Bush pour remplacer Yasser Arafat, M. Prodi trouve « très étrange » que le Premier ministre israélien propose un remplaçant pour le président de l’Autorité palestinienne. «Ce n’est pas précisément l’idée la plus cohérente avec un concept moderne et sérieux de la politique», a-t-il précisé. Mais, enfin, avec Sharon, on n’en est plus à une incohérence près… Mais ce n’est pas le plus grave, car Binyamin Ben Eliezer, le ministre israélien de la Défense s’est dit surpris de la position «très dure» des Américains envers Yasser Arafat, le vice-président Dick Cheney ayant même affirmé, selon lui, qu’Israël pouvait «le pendre», rapporte vendredi le Yediot Aharonot. «Le vice-président m’a dit «pour ce qui me concerne, vous pouvez même le pendre», a affirmé Ben Eliezer au journal. Le ministre a indiqué avoir entendu des propos semblables de la bouche des conseillers de son homologue américain Donald Rumsfeld, souligne le journal. «Sur ce sujet (Arafat), Cheney est plus extrémiste que Rehavam Zeevi (le ministre israélien abattu par le FPLP)», a ajouté le ministre.
«Condoleezza Rice (la conseillère de Bush pour la sécurité nationale) et Dick Cheney m’ont clairement dit que parler à Arafat, c’est perdre son temps, et Dick Cheney a été le plus extrémiste sur ce point », avait affirmé Ben Eliezer au cours d’une conférence de presse à Washington. La messe est dite…

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