Simone Biton dit non au mur de séparation

Simone Biton dit non au mur de séparation

Simone Biton est au Maroc. Cette réalisatrice israélienne née dans notre pays a été invitée par les Instituts français au Maroc pour une tournée. À l’occasion du mois du film documentaire, la cinéaste présente son film «Le mur» dans plusieurs villes du Royaume. La tournée a débuté hier mercredi 9 novembre à Marrakech. Le film sera projeté par la suite à Meknès, Fès, Rabat et enfin Casablanca. Née en 1955 à Rabat Simone Biton s’est installée par la suite en France où elle a détenue la nationalité française. En 1993 elle réalise son premier film documentaire sur la diva du monde arabe qu’on ne présente plus, Oum Kalthoum. Ses racines arabes l’ont toujours influencée dans son travail cinématographique. La culture et les traditions des pays arabes ont toujours alimenté les scénarios de ses films. Néanmoins, la politique n’est pas en reste. C’est pour dénoncer la construction du mur de séparation en Cisjordanie que le film «Le mur» est né. Une cloison en fer et en béton armé qui sépare les territoires palestiniens d’Israël. «Le mur» serait donc une méditation cinématographique personnelle sur le conflit israélo-palestinien. D’après les observateurs du milieu du 7ème art, «dans une approche documentaire originale, le film longe le tracé de séparation qui éventre l’un des paysages les plus chargés d’histoire du monde emprisonnant les uns et enfermant les autres». C’est dans un langage cinématographique que Simone Biton exprime sa colère de voir cette haine qui s’accentue par la construction du mur. Une cloison qui disperse les populations de leurs familles distinctes et bloque toutes les issues pour la paix. Pour expliquer sa démarche artistique Simone Biton précise néanmoins que ce film ne parle pas de politique. «“Le mur“ est un film politique car tout est politique, mais il ne parle pas de politique. Il parle de moi, de nous», déclare la cinéaste dans une de ses déclarations à la presse. Simone se positionne loin de ce qu’elle appelle «l’esprit politique». Pour appuyer cette thèse, elle avait déclaré aux médias. «Je suis clairement contre l’enfermement des Palestiniens, je souhaite que demain, un enfant qui naisse en Palestine ait les mêmes droits qu’un enfant qui naisse en Israël.» Plus qu’une intention de vouloir convaincre, la réalisatrice dit que ce film est confectionné pour partager ses sentiments les plus profonds avec le spectateur. Elle confie dans ce sens : «Je n’ai pas fait ce film pour le convaincre, ni pour lui fournir des arguments. Ce mur est, en quelque sorte, le constat de notre échec». Malgré sa colère Simone Biton s’efforce d’être optimiste. «La paix viendra. Elle finit toujours par venir. Mais pour le moment, l’époque du mur ne fait que commencer, et je crains qu’elle ne soit terrible», souligne-t-elle.
La position de Simone Biton concernant le conflit israélo-palestinien sera clairement exprimée après chaque projection lors de la tournée. Celle-ci se termine le mercredi 16 novembre à Casablanca.

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