SM Mohammed VI : «La Conférence de Marrakech est un appel à l’action»

SM Mohammed VI : «La Conférence de Marrakech est un appel à l’action»

Adoption formelle du Pacte mondial sur la migration à Marrakech

«L’intérêt du Royaume du Maroc pour la question migratoire n’est ni récent ni circonstanciel. Il constitue, au contraire, un engagement ancien et volontaire…».

L’adoption formelle du Pacte mondial sur la migration est actée. En effet, l’adoption du Pacte a eu lieu hier, lundi, à Marrakech au cours de la Conférence intergouvernementale, convoquée par l’Organisation des Nations Unies. L’événement a connu la participation du secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, et de plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement. La séance d’ouverture a été marquée par le discours que Sa Majesté le Roi Mohammed VI a adressé à la Conférence intergouvernementale et dont lecture a été donnée par le chef de gouvernement. «Pour un rendez-vous historique, comme celui qui nous rassemble en ce jour, est-il un lieu plus symbolique que l’Afrique – origine même des premiers déplacements humains ; que le Maroc – terre d’immigration, de transit et d’émigration ; que Marrakech – son creuset intemporel ? Nous vous accueillons à Marrakech, en terre d’Afrique, avec fierté et humilité. Fierté, que la Communauté internationale ait choisi le Royaume du Maroc pour cet évènement planétaire ; et humilité, devant l’ampleur de la cause, du chemin parcouru et de l’œuvre qui reste à accomplir», a indiqué SM le Roi précisant que «la coïncidence avec la commémoration du 70ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme n’est pas fortuite».

Le Souverain a expliqué que «l’intérêt du Royaume du Maroc pour la question migratoire n’est ni récent ni circonstanciel. Il constitue, au contraire, un engagement ancien et volontaire qui s’exprime à travers une politique, humaniste dans sa philosophie, globale dans son contenu, pragmatique dans sa méthode et responsable dans sa démarche. Notre Vision, c’est d’anticiper l’avenir, pour construire une mobilité ordonnée». Et de poursuivre: «Notre approche, c’est de tendre avec constance vers un équilibre salutaire entre réalisme et volontarisme ; entre intérêts légitimes des Etats et respect des droits humains des migrants. La réussite nationale de cette approche – qui a toujours été la Nôtre – a conduit Nos frères africains à Nous confier le mandat de Leader de l’Union Africaine sur la question migratoire». Le discours royal a fait savoir que «la question migratoire n’est pas – et ne devrait pas – devenir une question sécuritaire.

Répressive, elle n’est nullement dissuasive. Par un effet pervers, elle détourne les dynamiques migratoires, mais ne les arrête pas. La question de la sécurité ne peut pas faire l’impasse sur les droits des migrants: ils sont inaliénables. Un migrant n’est pas plus ou moins humain, d’un côté ou de l’autre d’une frontière». SM le Roi a également ajouté que «la question de la sécurité ne peut pas davantage faire l’économie de politiques de développement socio-économique, tournées vers la résorption des causes profondes des migrations précaires». Par ailleurs, le Souverain a expliqué que «pour l’heure, le Pacte mondial demeure une promesse que l’Histoire jugera. Il n’est point temps encore d’en célébrer la réussite. Le défi de cette Conférence est de montrer que la Communauté internationale fait le choix d’une solidarité responsable au sujet de la question de la migration». Et de conclure : «Le Pacte mondial n’est pas une fin en soi. Il ne fait sens que par sa mise en œuvre effective. C’est pourquoi la Conférence de Marrakech est, avant tout, un appel à l’action».

Une conférence et un pacte mondial

La Conférence intergouvernementale de Marrakech (10-11 décembre) connaît la participation d’au moins 150 États membres. Outre des responsables gouvernementaux, plus de 700 partenaires, y compris des représentants de la société civile et des secteurs publics ainsi que des migrants prennent part aux discussions sur les opportunités de partenariats innovants, les possibilités de coopération et les initiatives transversales avec les gouvernements. Approuvé le 13 juillet dernier par les Etats membres sous l’égide de l’Assemblée générale des Nations Unies, le Pacte mondial sur les migrations a été salué comme «une réalisation importante» et un document complet visant à mieux gérer les migrations internationales, à relever leurs défis et à renforcer les droits des migrants tout en contribuant au développement durable. Le texte du Pacte mondial est ainsi profondément ancré dans la Charte des Nations Unies et la Déclaration universelle des droits de l’Homme. L’adoption du Pacte à Marrakech constitue aussi l’aboutissement de plus de 18 mois de consultations et de négociations intensives au sein des Nations Unies. A noter qu’il sera soumis le 19 décembre à l’Assemblée générale pour sa mise en œuvre avec l’adoption d’une feuille de route à cet effet.

Antonio Guterres : «Le Pacte propose également un cadre de réflexion»

Le Pacte mondial sur les migrations procède d’une démarche qui doit permettre d’aider non seulement les migrantes et les migrants, mais aussi les communautés d’origine et d’accueil, a indiqué, lundi à Marrakech, le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres. S’exprimant lors de l’ouverture de la Conférence intergouvernementale pour l’adoption du Pacte mondial sur les migrations, M. Guterres a relevé que le Pacte reconnaît l’importance, du point de vue du développement, des envois de fonds, notant que les sommes envoyées par les migrants chez eux représentent le triple du montant de l’aide publique au développement, et ce même si c’est dans leurs nouvelles communautés que les migrants dépensent 85 % de ce qu’ils gagnent.

Par ailleurs, M. Guterres a noté que le Pacte propose également un cadre de réflexion sur les stratégies d’appui au développement dans les pays d’origine, la migration devant être un acte de choix et jamais de désespoir.

Pour le responsable onusien, le Pacte de Marrakech vient faire entendre les voix des femmes et des filles, qui sont particulièrement vulnérables et représentent près de la moitié des 260 millions de migrants à travers le monde, tout en offrant un cadre pour mieux se préparer à des problèmes imminents, notamment les mouvements de population aggravés par les changements climatiques.

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