Sommet Arabe d’Alger : Les attentes d’Israël

Les responsables israéliens se sont félicités d’un projet de résolution présenté par la Jordanie qui suggérerait l’établissement de relations diplomatiques des pays arabes avec l’Etat hébreu. "Le simple fait que la Jordanie ait présenté une telle proposition traduit un début de changement au sein du monde arabe", a affirmé à l’AFP un responsable à la présidence du Conseil, qui a requis l’anonymat. "Reste à savoir si les pays modérés parviendront à donner le ton lors de ce sommet" prévu le 22 et 23 mars, a-t-il ajouté. Le vice-Premier ministre Shimon Peres s’est aussi réjoui de l’initiative jordanienne. "On a souvent dit que la Jordanie ne pouvait pas être la première à prendre d’initiative, cette fois-ci elle a prouvé le contraire", a-t-il affirmé à la radio publique. "La Ligue arabe doit décider si elle est une Ligue pour la paix, ou pour la poursuite du conflit", a également souligné M. Peres. Un autre responsable aux Affaires étrangères a, pour sa part, affirmé à l’AFP que "l’essentiel est que le sommet condamne sans équivoque le terrorisme et soutienne la nouvelle direction palestinienne". Le ministre jordanien des Affaires étrangères, Hani Moulki, a affirmé, dimanche à Alger, que son pays avait réussi dans son objectif qui est de réactiver le plan de paix arabe avec Israël adopté en 2002. Le projet évoque l’établissement "de relations normales entre les pays arabes et Israël au cas où une paix juste et durable serait réalisée sur la base des résolutions internationales et le principe de la terre contre la paix et les références de la conférence de Madrid", en 1991 a ajouté M. Moulki. Le projet jordanien est inspiré par une initiative saoudienne adoptée par le sommet arabe de Beyrouth en 2002, mais rejetée par Israël. Il proposait à l’Etat juif une paix globale en échange de son retrait total des territoires arabes occupés en 1967. Le roi de Jordanie, Abdallah II, avait annoncé, le 7 mars, qu’il proposerait au sommet d’Alger de relancer ce plan. Mais le roi a fait savoir dimanche qu’il ne participerait pas au sommet en prétextant "d’engagements déjà pris", a indiqué le ministre jordanien des Affaires étrangères. A l’avant-veille du sommet, le vice-Premier ministre israélien Shimon Peres a pour sa part annoncé qu’il avait été invité à se rendre au Maroc. A la suite des accords d’autonomie entre Israël et l’OLP en 1993, Israël a ouvert un bureau de liaison à Rabat en 1994, le Maroc a ouvert le sien à Tel-Aviv en 1995. Le royaume chérifien a ensuite suspendu ses relations en octobre 2000, à la suite du déclenchement de l’Intifada et conditionné la réouverture de sa représentation à "l’évolution du processus de paix". Par ailleurs, plus de 600 colons israéliens supplémentaires se sont installés récemment dans la bande de Gaza pour gêner l’évacuation prévue cet été de cette région et le démantèlement des 21 colonies qui y sont installées, a indiqué la radio publique. L’armée israélienne a interdit vendredi "aux citoyens israéliens de transférer leur lieu de résidence" dans la bande de Gaza sans toutefois empêcher les visites d’Israéliens dans les colonies. Sur le terrain, trois soldats israéliens et un policier ont été blessés dont un grièvement dimanche par des tirs de Palestiniens dans un camp de réfugiés près de Ramallah en Cisjordanie, a annoncé une porte-parole militaire.Un Palestinien a également été grièvement blessé par des tirs de garde-frontières israéliens près de la route reliant Jérusalem à Bethléem en Cisjordanie, a-t-on indiqué de sources militaires.

• Jean-Luc Renaudie AFP

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