Surmonter le statut de la minorité

Aïcha Belarbi, ambassadeur du Maroc auprès de l’Union européenne, a souligné mardi à Berlin la conjonction de la volonté politique et du combat de la société civile sur le dossier de la femme marocaine, jusqu’ici considérée comme mineure par un statut qui remonte aux années soixante. Mme Belarbi s’exprimait devant une conférence sur « Le droit, la sécurité du droit et empotement » (renforcement de la position des individus à travers le droit), organisée par la Fondation allemande pour le développement international, en collaboration avec le ministère allemand de la Coopération et du développement.
Cette conférence, qui s’étale sur deux jours, réunit des personnalités politiques, notamment des ministres, des juristes et des experts en matière de développement ainsi que des représentants de la société civile en Afrique et en Asie, en plus de spécialistes allemands de ces domaines. « L’objectif est d’engager un dialogue fondé sur la conviction que la diversité culturelle est une condition préalable indispensable au développement », estiment les organisateurs. Outre Aïcha Belarbi, qui a traité du « pouvoir des femmes dans une société musulmane-le débat sur la réforme du Code de la famille au Maroc », la Fondation allemande a également invité l’ambassadeur du Maroc au Caire, Ali Oumlil, qui est intervenu, à l’ouverture de ces assises, sur le thème « Les concepts légaux et le contexte culturel de leur interprétation – sur les changements de signification dans le dialogue interculturel légal ».
Mme. Belarbi a par ailleurs évoqué le long combat de la femme marocaine pour mettre fin à une situation juridique qui la considérait comme mineure, réfutant les arguments qui invoquent l’Islam pour maintenir le statu quo, car la religion musulmane prêche l’égalité des deux sexes. Le mouvement de lutte de la femme marocaine a suscité, selon elle, des résistances, mais la femme marocaine peut se réjouir de l’amorce d’un travail de réflexion sur ce dossier, qui, à terme, se révèlera positif pour la femme, et ce, bien que les amendements apportés ces dernières années au statut personnel (la moudawana) soient limités à seulement six articles.
La commission constituée par S.M. le Roi Mohammed VI pour l’amendement de ce statut « a fait un travail extraordinaire », a estimé Mme Belarbi, soulignant que le problème réside dans le fait que les réformes ne sont pas assimilées de la même manière au sein de la société.

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