Suspense sur les cas Lahlimi et Jouahri

Suspense sur les cas Lahlimi et Jouahri

Dans de récentes sorties en public, les deux responsables ont eux-mêmes évoqué leurs cas, sur fond de vague de nominations toujours attendue

Le HCP est devenu une source très crédible auprès des autres institutions du pays ainsi que pour les grandes institutions internationales.

Un vent de changement pourrait bientôt souffler sur la très haute administration. Après le remaniement qui a amené la nouvelle configuration de l’Exécutif, des institutions et établissements publics sont appelés à connaître le même sort. Cela dit, deux grandes institutions publiques sortent du lot puisque les principaux concernés ont soulevé la question. Il s’agit notamment du wali de Bank Al-Maghrib (BAM), Abdellatif Jouahri et du haut commissaire au Plan (HCP), Ahmed Lahlimi Alami. Les deux personnalités très influentes durant les 15 dernières années dans leurs secteurs d’activités ont ouvertement évoqué la question de leur mandat durant les dernières semaines. Les deux hommes ont en commun d’être de grands noms de la scène publique du pays depuis de longues années.

En effet, Abdellatif Jouahri est wali de Bank Al-Maghrib depuis 2003, soit 16 années. Sous sa conduite, BAM est devenue l’une des références à l’échelle nationale et internationale. Jouahri lui-même a été élu par plusieurs organisations internationales et à maintes reprises, l’un des meilleurs gouverneurs des banques centrales à l’échelle de la planète. Il faut préciser en outre que le numéro un de la banque centrale avait également été ministre des finances dans les années 80, à une période cruciale pour le Royaume marquée par des défis économiques et financiers importants.

Lors du dernier conseil d’administration de BAM, M. Jouahri avait révélé que la composition du CA sera renouvelée en mars prochain. A noter qu’un nouveau statut de la banque centrale est entré en vigueur il y a quelques mois avec plusieurs nouveautés concernant notamment le fonctionnement du CA et les mandats des membres sachant que ce texte n’a naturellement pas d’effet rétroactif. De son côté, Ahmed Lahlimi Alami est l’un des grands noms de la scène publique et politique du pays depuis des décennies. Il est connu pour avoir été un proche de Abderrahim Bouabid puis de Abderrahmane Youssoufi, tous les deux fondateurs puis premiers secrétaires emblématiques de l’USFP (Union socialiste des forces populaires).

A la fin des années 90, il a été l’un des architectes aux côtés de Me Youssoufi de l’expérience d’Alternance. Il fut dans ce sens nommé ministre dans le gouvernement qui s’en est suivi jusqu’aux élections de 2002. Il a piloté plusieurs projets d’envergure dans plusieurs départements ministériels qu’il a dirigés, à savoir les Affaires générales du gouvernement, l’Économie sociale, des PME et l’Artisanat. Après son départ du gouvernement, il prend la tête du Haut-Commissariat au Plan en 2003 et en fait l’une des références en matière de statistiques.

Le HCP est devenu une source très crédible auprès des autres institutions du pays ainsi que pour les grandes institutions internationales. La question du changement à la tête des institutions publiques avait été soulevée, en présence du haut-commissaire au Plan, à la Chambre des représentants il y a quelques semaines. Rien n’est cependant sûr concernant l’avenir des ces deux grands hommes dans leurs postes respectifs puisque la procédure dans ces cas est très claire. C’est d’autant plus vrai que Lahlimi et Jouahri demeurent respectés de tous puisqu’ils ont joué un rôle important durant les dernières années et peuvent toujours jouer le même rôle dans l’avenir du pays.

Etablissements publics

La nomination dans la haute administration publique obéit à une procédure particulière qui trouve son origine dans la Constitution et les lois en vigueur. Il faut dire que le Maroc compte de nombreux EEP (Entreprises et établissements publics). Ceux-ci constituent des acteurs majeurs dans le modèle de croissance du Maroc compte tenu de leurs interventions multiples dans l’offre de services publics aux citoyens et aux entreprises, dans la réalisation de projets structurants pour le développement économique et social, l’aménagement du territoire, la réduction des disparités territoriales, l’ouverture à l’international et la promotion de l’investissement aussi bien public que privé dans divers secteurs d’activité. Les EEP sont également au cœur du modèle de développement du pays.

Les EEP et l’Etat sont souvent reliés par des contrats programmes. La contractualisation pluriannuelle des relations entre l’Etat et les EEP vise principalement à concilier entre les différents rôles de l’Etat, à assurer plus de visibilité pour les stratégies et actions des EEP, à améliorer leurs performances techniques et financières, à évoluer leur mode de gouvernance et à moderniser leur gestion pour une meilleure définition des objectifs stratégiques et opérationnels qui leur sont assignés et les performances attendues de leurs actions.

Parcours

Né à Marrakech, Ahmed Lahlimi Alami fut secrétaire général au ministère du tourisme (1971) et de celui du plan et du développement régional (1973).

Il prendra en 1983 la tête du cabinet de Abderrahim Bouabid, lorsqu’il deviendra ministre d’État. Dans le gouvernement d’Alternance, il sera ministre des affaires générales du gouvernement, avant de cumuler également les département de l’économie sociale, des PME et de l’artisanat, jusqu’en 2002.

Une année plus tard, il devient numéro un du HCP, poste qu’il conserve jusqu’à aujourd’hui. Pour sa part, Abellatif Jouahri est natif de Fès. Il est devenu ministre dès la fin des années 70 en pilotant le département ministériel de la réforme des entreprises publiques.

Il deviendra ministre des finances entre 1981 et 1986 alors que le Maroc est en plein PAS (Plan d’ajustement structurel). Après une longue carrière dans le secteur bancaire, il sera nommé dès 2003 wali de Bank Al-Maghrib.

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