Tony Blair au coeur de la tourmente

Nouvelle épine dans le pied de Tony Blair. Après le scandale de l’ex-ministre Clare Short, accusant des agents britanniques d’espionnage à l’Onu , une autre accusation a vu le jour. A propos de l’Irak, le ministère britannique de la Défense est confronté à une série d’actions en justice concernant la mort de civils irakiens tués par des soldats britanniques dans le sud de l’Irak.
Des avocats de 13 familles de victimes ont fait savoir dimanche qu’elles demandaient au ministère de leur verser des dédommagements et d’ouvrir une enquête sur les circonstances de la mort de ces Irakiens, tués soit par des balles perdues, soit alors qu’ils assistaient à des opérations menées par les forces britanniques. « Le ministère de la Défense doit mettre en place un plan de dédommagements juste et raisonnable pour que ceux qui ont été touchés par les conséquences de meurtres illégaux, blessés ou qui ont perdu des biens, puissent être indemnisés sans craindre d’actions en justice », a déclaré Phil Shiner, de Public Interest Lawyers, cabinet qui assure la défense de certaines familles. « Il est choquant de se rendre compte que des soldats britanniques ont tué autant d’innocents irakiens depuis le début de notre occupation, le 2 mai 2003 ».
A en croire les estimations des experts et des organisations de défense des droits de l’Homme, de 8.200 à 10.100 civils irakiens ont été tués depuis le début de la guerre en Irak.
Cette nouvelle affaire survient alors que Blair tente de sortir de la crise déclenchée la semaine dernière par son ancienne ministre, Clare Short, lorsqu’elle a affirmé que le gouvernement britannique avait placé sur écoute le secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan, avant le déclenchement de l’intervention armée en Irak.
Les avocats ont dit qu’ils avaient écrit au secrétaire à la Défense, Geoff Hoon, pour lui demander de mettre immédiatement en place une commission d’enquête sur les décès de civils irakiens. Ils exigent en outre que le ministère de la Défense accepte la responsabilité de ces décès et paie des dédommagements aux familles. Le ministère de la Défense affirme avoir payé en tout 15.000 livres de dédommagements depuis mai dernier mais refuse de prendre la responsabilité des décès. « Nous avons reçu la lettre et y répondrons », a-t-il dit dans un communiqué. Mais pour les avocats jugent trop faible le montant proposé. Un des avocats défendant les familles des victimes est Rabinder Singh, célèbre activiste des droits de l’Homme qui a notamment fondé Matrix Chambers, un cabinet où travaille la juriste Cherie Blair, épouse du Premier ministre Sur l’autre front, les proches du Premier ministre Tony Blair ont lancé la contre-attaque contre celle par qui le scandale est arrivé, l’ex-ministre Clare Short, « coupable » d’avoir accusé des agents britanniques d’espionnage à l’Onu et de faire le jeu de l’opposition conservatrice.
Tony Blair, qui avait jugé dès jeudi dernier les propos de Clare Short « profondément irresponsables », a donné le ton vendredi dans un discours prononcé devant des militants travaillistes en Ecosse: « Les tories (conservateurs) sont une plus grande menace s’ils sont aidés par (certains de) nos amis », a-t-il lancé. Le ministre de l’Intérieur David Blunkett et d’autres membres du Labour se sont employés à discréditer l’ancienne ministre, l’accusant de vengeance personnelle à l’encontre de Tony Blair, dont elle a quitté le gouvernement avec fracas en mai pour dénoncer la politique britannique en Irak. « On ne m’a montré aucune transcription, et je suis – contrairement à Clare Short – l’une des rares personnes qui disposent d’un accès total aux informations concernant la sécurité » du pays, a assuré à la presse M. Blunkett.

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