Transparency Maroc dresse un bilan accablant

Transparency Maroc dresse un bilan accablant

«A part les discours et la rhétorique, l’actuel gouvernement n’a mis en œuvre aucune mesure, aucune stratégie pour lutter contre la corruption, il ne dispose d’aucune visibilité». C’est sur ce ton que les responsables de l’association Transparency Maroc ont introduit leur présentation des résultats de l’indice des pays exportateurs de corruption, mardi 9 octobre. Une étude faite sur un échantillon de 3.016 entreprises à travers le monde, dont 100 marocaines, et dont les dirigeants ont répondu à plusieurs questions. Accablants, les résultats de ce sondage «font écho à l’étude du World economic forum qui avait classé le Maroc 70ème par rapport à son attractivité pour l’investissement et à laquelle s’opposent plusieurs barrières: 1- la bureaucratie, 2- l’accès à l’information, 3- la corruption», a déclaré Abdessamad Sadouk SG de Transparency Maroc. Et le rapport de Transparency Maroc révèle que la corruption n’épargne aucun des pays acteurs au niveau des transactions et marchés internationaux. Les secteurs particulièrement exposés concernent les travaux publics, la construction, le pétrole et gaz, les services de base, la promotion immobilière…
Selon l’étude, une personne sur quatre au niveau mondial croit avoir perdu des affaires du fait de la corruption.
Au Maroc, à la question «dans quelle mesure il est courant que les officiels dans votre pays acceptent les pots-de-vin», 55% des entrepreneurs marocains ont répondu que c’est très courant, 3% jamais. Ainsi le Maroc se situerait, selon les résultats de ce questionnaire, à un niveau élevé de l’échelle de corruption des officiels avec un score moyen de 4,1, le score moyen sur une échelle de 1 à 5 étant de 3,3.
En comparaison, Singapour, un pays exemplaire en matière de lutte contre la corruption, enregistre un score de 1,6. Le Maroc est, semble-t-il selon les chiffres de l’étude, plus affecté que l’Egypte (2,1) et la France (2,3). Par rapport à la mauvaise utilisation des deniers publics, 49% des répondants considèrent qu’il est courant que les fonds publics soient mal utilisés par les hauts responsables.
Là aussi le Maroc se situe à un niveau élevé de l’échelle avec un score moyen de 4.  28% de managers marocains pensent ne pas avoir réussi à remporter un contrat de nouvelles affaires parce que les concurrents ont payé des pots-de-vin, contre 62% qui pensent le contraire. Selon l’étude, cette pratique est plus courante dans des pays comme la Malaisie (50%), le Mexique (48%) et l’Egypte (41%). Le Japon se situe à peine à 2% et Singapour à 9%.
Par ailleurs, l’étude révèle que le Maroc a des comportements plus préoccupants que d’autres en ce qui concerne le comportement non éthique (41%), la corruption et le crime associés (24%), le Japon est plutôt dans une situation inverse avec respectivement 18 et 12%. Par rapport à la lutte contre la corruption de la part du gouvernement, seuls 5% des interrogés la jugent très effective, et 53% ineffective. Pour ce qui est des effets externes de la lutte contre la corruption (conventions internationales, lois nationales, journalisme d’investigation, initiatives collectives…) 18% seulement des interrogés les jugent effectives.

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