Tripoli convoque les compagnies pétrolières américaines

Tripoli convoque les compagnies pétrolières américaines

La Compagnie nationale libyenne de pétrole a mis en garde jeudi les compagnies pétrolières américaines des «répercussions» que pourrait provoquer le trait d’ironie du porte-parole de la diplomatie américaine sur l’appel de Mouammar Kadhafi au jihad contre la Suisse. «Nous avons convoqué les compagnies pétrolières américaines (opérant en Libye) pour leur faire part de notre indignation au sujet des propos du porte-parole des Affaires étrangères et les informer des répercussions négatives que pourraient entraîner de tels propos sur les relations économiques entre les deux pays», a déclaré à l’AFP le président de la Compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC) Chokri Ghanem. Selon M. Ghanem, les compagnies américaines, dont Occidental et Hess, ont écrit au ministère américain des Affaires étrangères pour se plaindre de ces déclarations qui «pourraient avoir des effets négatifs sur leurs intérêts en Libye». Tripoli avait convoqué mercredi la chargée d’affaires américaines à Tripoli pour protester officiellement contre les propos tenus vendredi dernier par Philip Crowley, en exigeant «explications et excuses». M. Crowley avait dit en riant que l’appel de Kadhafi à la guerre sainte contre la Suisse lui rappelait la diatribe insolite et interminable du dirigeant libyen à la tribune de l’ONU en septembre dernier: «Beaucoup de mots, beaucoup de papier volant un peu partout, et pas forcément beaucoup de sens». Mercredi, il a assuré que son trait d’ironie n’était «pas une attaque personnelle», mais sans s’excuser comme l’exige Tripoli. «J’ai fait un commentaire désinvolte vendredi dernier au sujet de déclarations venant de la Libye. Cela ne se voulait pas une attaque personnelle», a-t-il dit, estimant toutefois qu’«un appel au jihad contre un pays ou une personne peut faire du mal. Ce n’est pas quelque chose que les Etats-Unis prennent à la légère», a-t-il dit. Les relations entre Berne et Tripoli se sont détériorées après l’interpellation musclée, en juillet 2008 à Genève, d’un des fils du colonel Kadhafi, Hannibal, sur plainte de deux domestiques l’accusant de mauvais traitements.

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