Un Etat criminel

Dans sa lettre, Gideon Levy qualifie Peres d’être le complice de la politique de Sharon : «Vous êtes complice de Sharon. Vous avez encerclé un peuple tout entier pendant une année, avec une cruauté inédite dans l’histoire de l’occupation israélienne». «Votre gouvernement est en train d’écraser trois millions de personnes, en les laissant dans un état qui n’a rien à voir avec une vie normale. Il est hors de question d’aller au marché, d’aller travailler, à l’école ou de visiter un parent malade. Rien. Aucune autorisation pour aller nulle part, et aucune autorisation pour retourner de nulle part. Ni de jour, ni de nuit. Le danger les guette partout, et partout il y a un poste de contrôle étouffant leur vie !», fait observer l’auteur de la lettre.
Et de rappeler à son ancien chef, les quatre lettres ouvertes qu’il lui avait adressées auparavant, attirant son attention sur la conduite des « forces de défense israéliennes» au cours de l’Intifada, la poursuite de l’occupation et l’obstination d’Israël de ne pas reconnaître l’OLP en tant que représentant légitime des Palestiniens.
Gideon Levy, considéré comme une référence pour les politiciens et les intellectuels israéliens, demande à Shimon Peres de se tourner vers son beau-frère, le professeur Rafi Walden, chirurgien-chef au centre hospitalier Sheba, qui se déplace souvent dans les territoires palestiniens comme médecin-volontaire pour les droits de l’Homme, pour savoir «de combien de choses vous êtes complice».
«Il vous parlera des femmes sur le point d’accoucher, qui ne peuvent pas arriver à l’hôpital à cause de la cruauté de l’armée dont vous êtes si fier, et dont les bébés meurent à peine sortis du ventre de leurs mères. Il vous parlera des malades du cancer qui doivent voyager en Jordanie pour recevoir leur traitement. Mais ils n’arrivent pas à leur destination, pour des «raisons de sécurité», ajoute Gideon Levy.
«Il vous parlera des hôpitaux de Belen, qui ont été bombardés par les forces de défense. Il vous parlera des docteurs et infirmières qui dorment à l’hôpital parce qu’il n’arrivent pas à avoir un domicile ». Il vous parlera de ceux atteints d’insuffisance rénale, obligés de perdre des heures en se déplaçant trois fois par semaine dans un effort désespéré pour atteindre les appareils dont dépendent leurs vie».
«Il vous parlera des personnes mortes dans les postes de contrôle, et surtout ceux qui sont morts dans leurs maisons parce qu’ils n’ont pas osé approcher les postes de contrôle, faits maintenant de tanks ou et de blocs de ciment, difficiles de franchir, même pour celui qui est sur le point de mourir !». Dans sa lettre, Gideon Levy rappelle, à son ancien chef, que le peuple palestinien, qui n’a pas cessé de souffrir depuis la Nakba en 1948, à travers l’occupation et pendant l’état de siège en 2002, «aspire à la même chose que les Israéliens: un peu de quiétude, un peu de sécurité et un goût de fierté nationale. Un peuple tout entier qui se réveille chaque matin devant un grand désespoir, chômage et privation, et maintenant aussi pour trouver des tanks stationnés au bout de la rue…»

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