Un Marocain primé par l’UNESCO

La consécration d’Ahmed Medhoune vient récompenser plusieurs années de travail. La médaille Comenius a été remise à Medhoune lors d’une grande cérémonie organisée en marge des travaux de la 47ème Conférence du Bureau international de l’éducation (BIE de l’UNESCO), à laquelle assistaient plusieurs responsables de ces institutions ainsi que de nombreuses délégations participant à cette conférence.
Dans un entretien accordé à MAP-Genève en marge de cette cérémonie, Medhoune rappelle que tout avait démarré en 1989. A l’époque, rappelle-t-il, les directeurs d’établissements scolaires étaient déjà sérieusement confrontés à la problématique de l’échec scolaire. On entendait parler de « tutorat », mais celui-ci était surtout pratiqué dans les écoles anglo-saxonnes, et demeurait quasi inexistant en Belgique.
Expliquant le sens et les objectifs de ce projet tutorat (financé et soutenu par l’Université libre de Bruxelles, ULB, où il enseigne), Medhoune indique qu’il s’agit de soutenir les élèves sur le plan des savoirs et du savoir-être. Il s’agit également d’introduire de nouveaux modèles sociaux dans le système de référence des élèves, de faciliter le travail des enseignants et de conseiller et informer les élèves sur leurs choix d’études futures en les préparant à la transition vers l’enseignement supérieur.
Dans le cadre de ce projet, chaque année, une centaine d’étudiants de l’enseignement supérieur, recrutés par l’équipe en charge du projet, aident un millier d’élèves dans une quinzaine d’écoles secondaires.
La grande majorité des élèves bénéficiant de ce tutorat sont des jeunes issus de l’immigration, et pour une bonne part d’entre eux d’origine marocaine.
Lorsqu’il a commencé à mettre en place ce système en 1989, ajoute Medhoune (il était alors enseignant du secondaire et chercheur), l’idée s’est vite imposée qu’il fallait proposer à ces jeunes en situation d’échec scolaire des « images positives » de leur culture, car beaucoup de ces jeunes souffraient d’une « identité abîmée », due à l’image négative que la société Belge leur renvoyait d’eux. « On se rendit en effet rapidement compte que s’occuper de la santé mentale de ces étudiants était un préalable pour qu’ils puissent commencer à être en disposition de réussir à l’école.
Et il s’avéra qu’il était plus intéressant de mener auprès de ces jeunes une politique de valorisation (identitaire et culturelle), que de leur offrir des soins psychothérapeutiques », explique M. Medhoune. « Ce projet n’est pas un projet de rattrapage au sens classique du terme ».

• Mostafa Benhamza (MAP)

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