Un millier de soldats US tués en Irak

Avec la mort dimanche de trois Marines dans la province d’Al-Anbar, dans l’ouest du pays, le nombre de tués au combat atteignait 998 lundi, dont 109 durant l’invasion proprement dite, soit entre le 19 mars et le 1er mai 2003, date à laquelle le président américain George W. Bush a annoncé la fin des opérations militaires majeures en Irak. Depuis, 886 soldats sont morts en opération ainsi que trois civils du ministère de la Défense.
Selon un décompte de l’AFP, le nombre de soldats américains tués s’élevait à 134 pour novembre, soit un de moins que le record établi en avril dernier. L’assaut contre le bastion rebelle de Falloujah, à 50 km à l’ouest de Bagdad, qui a donné lieu à des opérations de guérilla urbaine, est responsable de plus d’un tiers des décès américains, soit 55 soldats et Marines entre le 8 et le 20 novembre.
La violence reste toujours élevée dans toute la région sunnite autour de Bagdad, de la province d’Al-Anbar (nord-ouest) au « triangle de la mort », au sud de la capitale. A Youssoufiyah, ville emblématique de cette zone infestée de combattants, le processus électoral peine à démarrer, illustrant les difficultés d’organiser la consultation. Le centre électoral de la localité n’a reçu pour le moment aucune liste d’émargement et les soldats américains se demandent comment sécuriser le lieu sans effrayer les électeurs.
Les électeurs sont venus s’enregister à travers le pays dans les centaines de centres où les familles irakiennes ont l’habitude de chercher leurs rations mensuelles de nourriture. Mais ce processus a été retardé dans ce secteur hors-la-loi jusqu’à ce que les Marines établissent des positions fixes dans les agglomérations du « triangle de la mort ».
Conscient de ces difficultés, le Premier ministre irakien Iyad Allaoui a indiqué envisager l’étalement des élections sur « 15 ou 20 jours » selon les provinces, dans un entretien publié mardi dans le quotidien belge Le Soir. « Tout le monde — chiites, sunnites, chrétiens, kurdes, turcomans — devrait pouvoir prendre part au vote. Pour cela, je pense qu’on peut envisager des élections étalées sur 15 jours, ou 20 jours, avec des votes étalés à des dates différentes selon les provinces », a affirmé M. Allaoui.
Interrogé spécifiquement pour savoir s’il s’agissait bien d’avoir des élections à des dates différentes selon les provinces, M. Allaoui a répondu: « exactement ».
« Actuellement, nous estimons que 14 ou 15 des 18 provinces de l’Irak sont calmes », a souligné le Premier ministre, en parlant à l’inverse d’une situation « mauvaise » sur le plan de la sécurité à Mossoul (nord), dans la province d’Al-Anbar, dans de petites parties de Bagdad et dans une partie de la province de Diyala (centre-est).
Le président américain George W. Bush a de nouveau affirmé lundi qu’il souhaitait que le scrutin se tienne comme prévu.
Pour M. Allaoui, « la date du 30 janvier est fixée. Les gens peuvent exprimer leur opinion, et c’est important.
Mais les élections auront lieu », a-t-il insisté en soulignant en outre qu’elles représenteront le « commencement du processus démocratique, pas sa fin ». Le Premier ministre a aussi assuré que « les observateurs étrangers auront accès à l’ensemble du processus électoral » afin de garantir des élections « libres et honnêtes ».

• Mohamed Hasni AFP

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