Un nouveau coup dur à l’économie de Gaza

Le démantèlement de la zone industrielle d’Erez mettra au chômage quelque 4.800 ouvriers palestiniens et privera des milliers de familles palestinienne dans la bande de Gaza de leur unique source de revenu. Le numéro deux du gouvernement israélien et ministre de l’Industrie Ehud Olmert a annoncé mardi que les entreprises israéliennes établies dans cette zone seraient démantelées et réinstallées dans la région sud d’Israël.
Cette mesure, a-t-il précisé, a été prise « en raison de l’instabilité » provoquée par les attentats palestiniens contre la zone industrielle qui se sont multipliés depuis que le Premier ministre israélien Ariel Sharon a annoncé son intention d’évacuer unilatéralement les forces d’occupation et les colonies de la bande de Gaza. Selon lui, l’économie israélienne doit en outre réduire sa dépendance vis-à-vis de la main d’oeuvre bon marché palestinienne. « C’est très regrettable pour les ouvriers mais aussi pour les entrepreneurs qui y ont ouvert des usines », affirme à l’AFP Nigel Roberts, représentant de la Banque mondiale dans les territoires palestiniens. Il a affirmé que la fermeture de la zone « mettra fin au modèle de coopération entre Israéliens et Palestiniens produisant pour le marché israélien ». Outre les 4.800 ouvriers palestiniens qui travaillent dans des entreprises détenues par 70 hommes d’affaires israéliens, le parc industriel, administré par Israël, abrite quelque 52 usines palestiniennes. Le complexe a été fermé à plusieurs reprises ces derniers mois à la suite de la recrudescence d’attentats palestiniens dans le secteur d’Erez, qui est aussi le principal point de passage entre la bande de Gaza et Israël.
Selon l’économiste palestinien Ismaïl Loubbad, la fermeture du parc industriel entraînera une hausse de 4% du taux de chômage dans la bande de Gaza. « Nous avons déjà pu prendre la mesure des pertes car la zone a été pratiquement fermée tout le temps ces deux derniers mois », dit-il. « Ceux qui en pâtiront le plus sont les 30.000 personnes qui vivent grâce aux paies des ouvriers d’Erez », ajoute M. Loubbad.
Selon des statistiques officielles, le taux de chômage à Gaza s’établit à environ 40% alors que plus de 60% des familles vivent sous le seuil de pauvreté. « Le vrai problème à Gaza sont les bouclages de l’armée », explique M. Loubbad faisant référence au bouclage quasi-permanent imposé à la bande de Gaza depuis le début de l’Intifada en septembre 1999.
Avant le début de ce soulèvement, quelque 30.000 Palestiniens de la bande de Gaza se rendaient chaque jour en Israël pour travailler. « Pour que l’économie de Gaza se redresse, il faut qu’elle ait accès aux marchés israéliens et, via Israël, aux marchés internationaux », selon M. Roberts. Selon Rassem Al-Bayari, chef de l’Union des travailleurs à Gaza, les pertes occasionnées par la fermeture de la zone d’Erez peuvent être compensées « par des investissements internationaux dans la bande de Gaza ».
Le ministre palestinien en charge des Négociations, Saëb Erakat, a critiqué la décision israélienne de fermer la zone industrielle. « Tout en parlant d’un retrait de la bande de Gaza et d’une amélioration des conditions de vie des Palestiniens, le gouvernement israélien ferme la zone industrielle d’Erez sans offrir d’alternative à plus de 4.000 ouvriers palestiniens », a-t-il dit. « Les siège et le bouclage de la bande de Gaza l’ont transformée en une grande prison », a-t-il déploré.

• Sophie Claudet (AFP )

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