Un pas vers la paix

A son retour à Khartoum, après une rencontre historique avec le chef du mouvement de l’armée populaire de libération du Soudan (SPLA, rébellion), le président soudanais Omar Al-Béchir a affirmé à la presse que le chef de la rébellion sudiste John Garang était «unioniste» et qu’il «n’avait jamais été séparatiste et toujours appelé à l’unité du Soudan». «Nous avons affirmé notre engagement à l’unité du soudan sur une base volontaire», a ajouté le président soudanais, affirmant que «le premier objectif est d’oeuvrer pour (parvenir) à l’unité du Soudan».
En Ouganda, le président Al-Béchir et le chef de l’Armée populaire de libération du Soudan (SPLA, rébellion), qui ne s’étaient jamais rencontrés auparavant, se sont serrés la main, avant d’entamer la rencontre présidée par le chef de l’Etat ougandais, Yoweri Museveni. Cette rencontre intervient une semaine exactement après la signature d’un protocole d’accord conclu par Khartoum et le SPLA, le 20 juillet à Machakos, au Kenya. Ce protocole offre au Sud une période d’autonomie de six ans, à l’issue de laquelle il devra se prononcer sur son maintien dans le pays lors d’un référendum d’autodétermination.
Depuis 1983, le Soudan, plus vaste pays d’Afrique, est en proie à une guerre civile opposant les rebelles sudistes à majorité chrétienne et animiste aux gouvernements successifs du nord arabo-musulman. La guerre et son cortège de famine et de déplacements forcés de populations a fait au moins deux millions de morts, et quatre millions de déplacés. Cette rencontre avait été «préparée avant les dernières négociations qui se sont déroulées à Machakos » au Kenya, selon un communiqué de la SPLA diffusé vendredi soir au Caire. MM. Al-Béchir et Garang n’ont pas évoqué les questions épineuses qui demeurent en suspens et ont discuté uniquement des «moyens de consolider le protocole d’accord conclu le 20 juillet à Machakos». Ils ont laissé les questions fondamentales et techniques pour la prochaine session de négociations, poursuit la SPLA dans son communiqué.
Après l’accord de Machakos, les deux parties ont convenu de se retrouver à la mi-août au Kenya pour poursuivre les pourparlers sur les autres dossiers: le partage du pouvoir et des richesses, les droits de l’Homme et un cessez-le-feu.
Les négociations se tiennent sous l’égide de l’Autorité intergouvernementale de développement (IGAD, regroupant sept pays d’Afrique de l’est), avec le parrainage des Etats-Unis. En vertu de l’accord-cadre, le gouvernement de Khartoum a accepté que la Constitution soit réécrite, pour que l’application au nord de la charia n’empiète pas sur les droits des non-musulmans du sud. Les parties s’étaient aussi mises d’accord sur la séparation entre l’Eglise et l’Etat, ainsi que sur la tenue d’un référendum d’autodétermination du sud du pays, et ce, six ans après la signature d’un accord global de paix. Le Sud est peuplé de Noirs chrétiens et animistes, alors que le nord est plutôt arabe et musulman. Les pourparlers du mois prochain, qui auront à nouveau lieu au Kenya, seront concentrés sur la participation des chefs rebelles au gouvernement national, sur le partage de la richesse pétrolière, sur des garanties de sécurité et la mise en oeuvre d’un cessez-le-feu. La guerre civile soudanaise a éclaté en 1983, les rebelles prenant les armes au sud pour obtenir plus d’autonomie pour cette région où 5 à 10% de la population est chrétienne.

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