Un quiproquo fatal

Un quiproquo fatal

Jeudi 2 octobre. Le gardien des voitures à la rue La Lande, donnant sur boulevard 2 Mars, à Casablanca, remarque que la voiture de marque Opel Corsa, de couleur noir, immatriculée au Maroc, est garée depuis deux jours au même endroit. Il connaît son propriétaire, Mohamed. T, fils d’une riche famille d’agriculteurs, âgé de 41 ans et célibataire. Il occupe un appartement (n°8) au troisième étage de la résidence Tala, B. M.T. n’a jamais gardé sa voiture garée tout ce temps au même endroit. En outre, il n’a pas donné signe de vie depuis mardi 30 septembre, relève encore le même gardien. Cette disparition lui a mis la puce à l’oreille et il a voulu en savoir plus en se rendant chez le disparu, au troisième étage. Il a frappé à maintes reprises à la porte de l’appartement n°8. Aucune réponse. Les doutes hantent aussitôt l’esprit du gardien qui a jeté un regard à travers le trou de la serrure qui donne sur le salon de l’appartement. Ce qu’il a vu est horrible. Un cadavre étendu à terre, baignant dans une mare de sang. Il retourne, précipitamment, vers l’ascenseur pour descendre alerter la police. Les limiers de la première section de la police judiciaire de Casablanca-Anfa se rendent sur les lieux. L’appartement a été ouvert en vertu de la procédure du code pénal, pour effectuer le premier constat d’usage. Le cadavre présente plusieurs coups au niveau de la poitrine et de la tête. Les enquêteurs ont constaté, également, la présence d’un plat de pieds de veau et, à côté, un sachet en plastique sur lequel est inscrit le nom et l’adresse du restaurant où le plat a été acheté : Dar Tagine, n° 98, Mers Sultan, Casablanca. S’agit-il d’un crime crapuleux? Une thèse rejetée puisque les enquêteurs ont découvert une somme de 3400 dirhams dans l’appartement. Munis d’une photo d’identité de la victime, les limiers de la 1ère section de la PJ, se sont rendus au restaurant en question. La gérante leur a expliqué qu’il était l’un de ses clients. Elle leur a précisé qu’elle l’avait vu pour la dernière fois, la nuit du 30 septembre au 1er octobre, en compagnie d’un adolescent. Les enquêteurs n’en revenaient pas! La gérante leur a donné le signalement détaillé du jeune garçon. Les policiers n’allaient pas tarder à se rendre là où il est sensé habiter pour apprendre qu’il a quitté l’ancienne médina, mais qu’il la fréquente de temps en temps. Et ils ont donc monté une surveillance permanente. Il fallait attendre le jeudi 2 octobre pour que le jeune vienne rendre visite à ses amis de la rue des Chleuhs.. Il s’agit de Yassine El Gorch, né le 21 août 1986 à Casablanca, issu d’une famille plus ou moins aisée, sans profession. Conduit au commissariat, il a avoué son homosexualité. Raison pour laquelle, il a commencé à fréquenter les grands boulevards casablancais en quête de conquêtes masculines. C’est au boulevard Hassan II qu’il avait rencontré la victime, Mohamed. Il l’a accompagné dans sa voiture à destination d’Aïn Diab. Là, la victime a acheté chez une personne inconnue un morceau de haschisch avant de se diriger vers le quartier de Derb Soltan pour acheter des bières. Avant de bifurquer par Dar Tagine pour s’approvisionner en plat de pieds de veau. Après s’être ennivré, chacun a tenté d’abuser de l’autre. Tous les deux étaient semble-t-il actifs. Mohamed a saisi une bouteille de bière vide pour asséner un coup à Yassine. Ce dernier a reculé et a commencé à saisir, également des bouteilles de bière toujours vides pour se défendre. Mohamed s’est effondré dans une mare de sang pour finir par rendre l’âme. Quant à Yassine, il a quitté précipitemment l’appartement pour prendre un petit taxi à destination du quartier Massira, à Hay Mohammadi pour rentrer tranquillement chez lui.

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