Un Tidjani à Essaouira

Un Tidjani à Essaouira

C’est dans un climat festif que s’est achevée la huitième édition du Festival d’Essaouira. Après avoir vibré, quatre jours durant, au rythme des Gnaouas et des musiques du monde, la Cité des Alizés a terminé en apothéose avec le chanteur sénégalais Youssou Ndour. Ce musicien qui n’a plus besoin d’être présenté est venu à Essaouira pour offrir un répertoire riche en rythmes. Il est venu confirmer son talent incontesté de roi du Mbalakh. C’est, en effet, l’un des genres musicaux que Youssou Ndour est le seul au Sénégal à en détenir les rouages. Son public est conscient de cette réalité et ne manque pas de l’encourager à continuer dans cette lancée. C’est pour cette raison que ses fans sénégalais ont eu du mal à se retrouver dans son dernier album international:"Egypte". Un opus qui se caractérise par la forte présence des chants religieux et des "kassaids" dans la musique, soufie, quadirya, mouride et tidjanne.  «Egypte» se voulait une sorte de retour  aux sources pour Youssou Ndour. Appartenant lui-même à la zaouiya Tidjania, Youssou Ndour voulait tenter une nouvelle expérience. Il a donc consacré entièrement son dernier album : «Egypte» aux chants soufis et a abandonné, le temps d’une expérience, le style «Mbalakh». Mais ce n’est pas pour autant que le chanteur sénégalais allait oublier ses inconditionnels qui l’apprécient pour sa maîtrise de l’art du «Mbalakh».
Youssou vient d’en donner la preuve lors du concert de dimanche soir à la place Bab Marrakech à Essaouira. L’auteur de "7 seconds" s’est même offert le luxe d’un duo "Mbalakh-Gnaoua" pour mieux rester dans le tempo, annoncé par les organisateurs, celui de l’inévitable fusion gnaoua et rythmes du monde.  Youssou Ndour s’est rapidement emparé de la scène en séduisant le public par "émigré". Une vieille chanson dédiée à ses compatriotes de l’extérieur qui date des années 80. Il a été agréablement surpris de recevoir des acclamations de certains de ses compatriotes sénégalais qui ont fait le déplacement spécialement pour le voir et l’écouter. Un groupe de jeunes femmes sénégalaises a même eu le privilège d’accéder à la scène et de danser  aux côtés de Yousssou  Ndour. Elles étaient aux anges et n’arrivaient pas à en croire leurs yeux. Pendant près de deux heures, Youssou a tenu le public en haleine. À la fin du concert la foule ne voulait guère quitter Bab Marrakech et espérait  que Youssou puisse lui offrir d’autres  chansons. Le public était unanime. Certains n’ont pas manqué de déclarer qu’ils étaient prêts à l’écouter jusqu’au bon matin. Le public n’était  pas fatigué et n’a pas senti le temps s’écouler. Youssou a gratifié les spectateurs de ses chansons sublimes et non moins sensées comme "Bamba", "Birima", "Salimata", "New Africa", "Li ma wessu", "Set", "7 seconds" et "Jéroboam". Dans "Bamba", il rend hommage au marabout sénégalais, Cheikh Ahmadou Bamba, fondateur du mouridisme. "Birima", c’est l’histoire ironique d’un ancien roi soulard. Salimata est une histoire d’amour qui n’est pas réciproque."Li ma wessou" est une sorte de rétrospective de sa performante carrière musicale.  "Set" évoque la propreté d’esprit et physique. Sorti en 1989, cette chanson lui a permis de se faire  connaître au niveau international. Puis, le single "7 seconds", un duo avec Neneh Sherry, viendra confirmer son talent en 1993. Avec ce tube, il avait été disque d’or partout en Europe. "Jeroboam", sortie en 2004, est une prise de conscience de la portée de la presse, dans laquelle il investit. Titre qu’il a composé quand il était en plein bras de fer avec l’un de ses employés, journaliste. "Serigne Mbacké Sokhna" est l’un des derniers morceaux composé par Youssou Ndour, qui rend hommage au petit-fils de Bamba, décédé il y a près d’un mois.
Mais le fait marquant de ce concert est bel et bien le message d’unité et de paix véhiculé à travers la chanson "New Africa ». Une chanson que Youssou a offert sur scène en présence des Gnaouas d’Essaouira. Youssou a chanté cette chanson à deux reprises. Il a clôturé avec New Africa en laissant son public en émoi.
Après Essaouira, Youssou Ndour prépare l’édition 2005 de Bercy, en France, qui aura lieu le 1er  octobre. Mais auparavant, il effectuera une tournée européenne qui le ménera  en Espagne, au Pays-bas, en Angleterre et en Belgique.

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