Une libération au goutte-à-goutte

Le Polisario a annoncé, lundi, la libération de 100 prisonniers marocains détenus à Tindouf, suite à une demande du président du gouvernement espagnol, José Maria Aznar, rapporte l’agence espagnole EFE.
« Cette libération intervient à la suite de l’intervention du président du gouvernement espagnol, José María Aznar », a précisé un communiqué du Polisario dont une copie est parvenue cette agence. Cette libération intervient à un moment où les relations entre le Maroc et l’Espagne sont en voie de normalisation.
Selon des sources diplomatiques, cette nouvelle a été annoncée au ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, lundi, par l’ambassadeur d’Espagne à Rabat, Fernando Arias Salgado, lors d’une réunion de travail que les deux ont tenu à Rabat.
Salgado aurait, à cette occasion, annoncé au chef de la diplomatie marocaine la libération imminente d’une centaine de détenus marocains par le Polisario, grâce à une intervention du président du gouvernement espagnol, José Maria Aznar. L’ambassadeur espagnol a, par ailleurs, précisé que cette intervention de l’Exécutif espagnol intervient dans le cadre des responsabilités et des engagements internationaux de l’Espagne. Madrid, qui est actuellement membre non-permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, oeuvre dans le sens d’une application des résolutions onusiennes sur le sujet.
Rappelons que cette instance onusienne avait appelé à la libération immédiate des Marocains détenus à Tindouf et qui sont considérés comme les plus vieux prisonniers de guerre du monde. Appelant ainsi, à la séparation des dossiers politique et humanitaire dans ce cadre.
Si la libération de cent détenus se confirme, il restera 1161 détenus dans les camps de Tindouf et qui souffrent d’une détention qui dure depuis un quart de siècle dans des conditions très difficiles. Mais, le communiqué des séparatistes en limite le nombre à 1100 détenus, ce qui suppose plusieurs questions sur le sort des soixante restant.
Par ailleurs, il est à rappeler que les autorités espagnoles étaient intervenues, en janvier 2002, auprès du Polisario pour la libération de 115 détenus.
Le Maroc a toujours appelé à la libération immédiate des prisonniers marocains à Tindouf et a estimé qu’ils sont détenus sur le sol algérien, ce qui implique la responsabilité d’Alger dans la pérennisation de la souffrance de milliers de personnes et de leurs familles.
L’utilisation d’un drame humanitaire dans des fins de calcul politique n’est que l’expression d’une indifférence des geôliers de Tindouf face à toutes les règles de droit international violant ainsi la convention de Genève et tous les principes des droits de l’Homme.
Cette libération au goutte-à-goutte entre dans le cadre du chantage politique utilisé par les séparatistes quelques semaines après de la tournée de James Baker dans la région où il a expliqué sa nouvelle proposition pour la solution de ce conflit artificiel et que le Polisario avait immédiatement annoncé l’avoir refusée.

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