Une loi contre la violence à l’égard des femmes

«Vers une loi contre la violence à l’égard des femmes». C’est le slogan retenu pour la 4ème campagne nationale de lutte contre la violence à l’égard des femmes qui se poursuivra jusqu’au 20 décembre. Le Premier ministre Driss Jettou s’est félicité des bons résultats enregistrés depuis le lancement de la stratégie nationale initiée par le secrétariat d’Etat chargé de la Famille, de l’Enfance et des personnes handicapées en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour les populations (FNUAP). Cette stratégie, a-t-il déclaré, «a permis non seulement de briser le silence autour des violences subies par les femmes, mais aussi de sensibiliser l’opinion publique aux conséquences dramatiques de ce phénomène sur la famille et sur la société».
Plusieurs actions ont été accomplies pour combattre la maltraitance dont sont victimes les femmes. Sur la longue liste : le numéro vert ayant pour objectif d’écouter et d’assister les femmes en détresse, puis de les orienter vers les centres mis en place par des associations œuvrant dans ce domaine, la création de centres d’écoute et d’orientation juridique pour les victimes dans les différents départements et le lancement de l’Observatoire national de lutte contre la violence à l’égard des femmes.
Cependant, malgré toutes ces avancées, la situation demeure dramatique. Selon les chiffres dressés par le numéro vert, plus de 15 000 cas de violence ont été enregistrés depuis la date d’ouverture de la ligne jusqu’au 13 octobre dernier. «Selon les appels téléphoniques adressés au numéro vert, la violence est présente sur tout le territoire marocain, avec toutefois une hausse de fréquence et d’acuité dans les grandes villes. 94 % des victimes sont originaires, entre autres, de Casablanca», précise Yasmina Baddou, secrétaire d’Etat chargé de la Famille, de l’Enfance et des Personnes handicapées avant d’ajouter : «La violence revêt différentes formes : psychique, physique, économique, sexuelle et juridique. 78 % des femmes se plaignent de la violence de leur mari à leur égard».
Autre constat : la femme marocaine est victime de violence quel que soit son niveau intellectuel. Les cas de violence à l’égard d’enseignantes universitaires, enregistrés par les centres d’écoute, le montrent amplement. Cela fait de la lutte contre les différents aspects de maltraitance des femmes un combat de longue haleine.
Pour atteindre cet objectif, un projet de loi a été présenté à l’occasion. «Il est vrai qu’il existe des lois réprimant la violence, mais elles sont insuffisantes. Des lacunes législatives ne permettent pas de protéger les droits de la femme. C’est pourquoi, il est nécessaire de modifier ces textes et de les complémenter pour sanctionner les auteurs des actes de violence et garantir la protection de la femme», indique Mme Baddou, dans une déclaration à ALM.
Ce projet de loi a été, hier, au centre de la rencontre, qui a réuni différents acteurs sociaux, juridiques et gouvernementaux. Il devra bientôt faire parler de lui.

Renseignements pratiques
   Numéro vert  08000 8888

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