Une nouvelle déclaration gouvernementale : Benabdellah met les points sur les «i»

Une nouvelle déclaration gouvernementale : Benabdellah met les points sur les «i»

Le Parti du progrès et du socialisme (PPS) a exclu, samedi à Rabat, toute éventualité de présentation par le gouvernement actuel -Benkirane II- d’une nouvelle déclaration de politique générale devant le Parlement. Cette position a été affirmée par le secrétaire général de cette formation lors de la 13ème session de son comité central, réunion au cours de laquelle il a donné lecture du rapport de son bureau politique sur l’évolution du contexte politique, économique et social intersession.

A l’appui de ce point de vue, Nabil Benabdallah a considéré que «le programme de gouvernement est le même que celui d’avant –Benkirane I-  et que seul l’ordre de ses priorités a changé». Bien qu’il ne l’ait pas dit expressément, cette position qui amène à considérer que l’article 88 n’est pas de mise dans les circonstances présentes, est la réponse à certaines formations de l’opposition qui demandent que le gouvernement présente son programme devant le Parlement dès lors que la Constitution stipule que cette dernière procédure suit sa nomination par le Roi.

En plus de cette position du PPS sur l’obligation de déclaration de politique générale du gouvernement Benkirane amendé par le Rassemblement national des indépendants (RNI), le rapport du comité central a également réaffirmé un certain nombre de principes que l’orateur a qualifié d’inscrits dans les gènes du PPS et de constituants imprescriptibles de son référentiel. Ainsi de la dignité de la personne, des droits humains, du droit d’accès aux soins, à l’information, à la libre expression…

C’est du reste au nom  de ce référenciel qui consacre le droit à la vie qu’il s’est insurgé contre la peine de mort et  qu’il a plaidé en faveur de l’éducation pour tous. Mais une éducation de qualité, a-t-il laissé entendre en condamnant sans ambages l’appel en faveur de la «darija», laquelle il l’a qualifiée d’affaire secondaire. Cependant, malgré leur actualité, ces différents sujets n’ont pas détourné le SG du PPS de son devoir de mémoire. Prenant prétexte de la cérémonie du souvenir que le PPS compte organiser jeudi à Casablanca à la mémoire de Ali Yata – le père fondateur-, Nabil Benabdallah a énuméré une longue liste de cadres –morts ou vivants-  qu’il a crédités du mérite d’avoir mené le parti là où il est  et d’en faire ce qu’il est : un parti qui  « a  choisi de réussir l’expérience démocratique sous la monarchie marocaine».

Car, a-t-il dit, «il ne suffit plus de produire des idées novatrices, il faut encore les traduire dans les faits». Il a ainsi considéré que si le projet de loi de Finances a été élaboré quasiment sans cadre politique, il n’en demeure pas moins qu’il est susceptible de booster la croissance. Il a aussi fait remarquer que si l’amélioration des  grandeurs macroéconomiques est essentielle au progrès, celle des grandeurs macrosociales sont vitales. Il a en outre déclaré que le temps suffit à peine aux tâches qui restent à réaliser. Ce gouvernement n’est là -au mieux – que 3 ans encore  et au cours de cette période plusieurs consultations électorales devront être organisées. Les locales et les régionales en 2015, les Législatives en 2016…

En sorte, a-t-il dit, qu’il faut mettre au plus tôt le cadre législatif et règlementaire qui permet d’organiser ces élections. Ces échéances, a-t-il ajouté, le PPS s’y est préparé et les récentes réunions qu’il a suscitées dans les régions ont montré que «notre parti est partout». Ce qui laisse augurer  d’un 9ème congrès tout à fait exceptionnel vers la fin du mois de mai. «Ce sera tout à la fois un congrès ordinaire et extraordinaire tant il sera critique et attentif à l’évolution du parti et à celle de ses orientations». Car ces orientations ne semblent pas faire l’unanimité. Outre les éternels opposants – Said Saidi et ses amis- les observateurs ont, en effet, observé l’absence à la session d’Ismail Alaoui, président du conseil de la présidence et surtout d’Abdelouahed Souhail. Depuis son éviction du poste de ministre de l’emploi, il ne fait plus que de très rares apparitions aux réunions publiques du parti.

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