Une œuvre de longue haleine : L’intégration régionale africaine mise en avant à Asilah

Une œuvre de longue haleine : L’intégration régionale africaine  mise en avant à Asilah

L’idée de l’intégration régionale en Afrique fut et demeure un objectif ultime de presque tous les citoyens du continent et de bon nombre de ses politiques et intellectuels.

C’est dans ce contexte que s’est déroulé, les 29 et 30 juin, le premier colloque s’inscrivant dans le cadre de la 33ème session de l’Université d’été Al Mouâtamid Ibn Abbad d’Asilah. Intervenant lors de l’ouverture officielle de ce colloque, le président du Sénégal Macky Sall a souligné l’importance de ce symposium portant sur l’intégration dans le contexte du retour du Maroc à l’Organisation continentale, sa famille naturelle. «Le Maroc n’a d’ailleurs jamais quitté sa famille africaine», a t-il rappelé.
Les communautés économiques régionales offrent, selon le chef de l’Etat sénégalais, la meilleure voie pour aller au regroupement à l’échelle continentale, à la fois pour des raisons de continuité géographique de cohérence économique et d’affinités socio-culturelles. M. Sall a tenu à préciser que le processus d’intégration doit être poursuivi tant à l’échelle continentale que régionale. «La dynamique de l’intégration est une œuvre de longue haleine», a-t-il ajouté.

Les Etats africains sont appelés, à cette occasion, à déployer de nouveaux efforts et réflexions afin de relancer les communautés économiques régionales. «Il en est ainsi car aucune véritable croissance et aucun décollage du continent ne sera réalisable sans des marchés internes larges et protégés, viables par leur force intrinsèque de production et de consommation. Il y a également urgence à se doter de superstructures politiques efficientes, de systèmes de bonne gouvernance adaptés aux exigences d’une intégration qui tourne le dos au chauvinisme et nationalisme dépassé d’Etats-Nations jacobins hérités de puissances coloniales», ont convenu les participants à ce colloque.
Il est à noter que l’ouverture officielle de ce colloque a été suivie du vernissage d’une exposition de photos consacrée au poète et ancien président sénégalais Léopold Sédar Senghor (1906-2001), et ce dans le cadre du 40ème Moussem culturel international d’Asilah.
Grand amoureux d’Asilah et habitué du Moussem de la ville blanche de son vivant, «Léopold Sédar Senghor était là, au Moussem de 1982. Le président-poète aimait Asilah pour l’harmonie de la cité dans sa diversité culturelle. Et Asilah aimait Senghor pour son goût de la culture au point d’immortaliser son nom sur une place publique de la ville et de lui consacrer un colloque lors du Moussem de 1989», a tenu à rappeler M. Sall.

De son côté, Mohamed Benaïssa, président de la commune d’Asilah et secrétaire général de la Fondation du Forum d’Asilah, a indiqué que Léopold Sédar Senghor avait accompagné de son vivant ce Moussem, avec une pléiade d’intellectuels, d’artistes et écrivains, d’hommes d’Etat et de politiciens, de spécialistes du développement et de médias de toute l’Afrique. «Nous avons beaucoup parlé, débattu et échangé dans cette ville, depuis le temps de Senghor, en tant qu’Africains, sans Nord ou Sud, ni Est ou Ouest. A Asilah, ce magnifique endroit du Royaume, nous avons exclu de notre dictionnaire l’expression «Afrique subsaharienne». Ce qui nous réjouit et renforce notre optimisme quant à l’avenir est que cette vision soit incarnée aujourd’hui, avec une tenace volonté et un grand espoir dans la mondialisation de notre continent, par SM le Roi Mohammed VI», a-t-il dit, faisant remarquer que cette vision a ouvert, grâce au Souverain, «de larges horizons à plusieurs niveaux».

Soulignons que ce 40ème Moussem, qui se poursuit jusqu’au 20 juillet, est marqué par l’organisation de six colloques dans le cadre de la 33ème session de l’Université d’été Al Mouâtamid Ibn Abbad. Il s’agit, en plus de «L’intégration en l’Afrique : consensus et dysfonctionnement», cinq autres colloques et congrès, dont les thèmes portent sur «Sauvegarde et transmission des musiques dans l’Islam», «Post-mondialisation : quelles perspectives ?», «La citoyenneté dans la charte nationale», «L’impasse de la situation arabe actuelle: possibilités et perspectives» et «Pensée religieuse incubateur du terrorisme: contexte et moyens de lutte».

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