Union du Maghreb Arabe : Quand les bonnes idées traversent les frontières

Abdelhamid, un habitant d’un bidonville situé à Alger, appelle le gouvernement de son pays à s’inspirer du programme marocain visant à éradiquer les bidonvilles. «Les Marocains l’ont fait», dit-il dans une déclaration à l’agence de presse Reuters avant d’ajouter : «Notre gouvernement devrait faire la même chose. C’est à lui de redonner espoir à la population».
Cette déclaration, même si elle émane d’un simple citoyen, devrait interpeller les responsables maghrébins où qu’ils soient.
Primo, elle révèle que l’information sur ce qui se passe dans les pays maghrébins traverse les frontières. Elle n’est plus censurable. Aussi, les citoyens des pays du Maghreb savent pertinemment ce qui se passe chez leurs voisins. On ne peut donc leur mentir éternellement. Tout programme de développement, toute initiative de mise à niveau et tout projet socioéconomique sérieux, crédible et réalisé dans les délais prévus suscitent l’intérêt – et même une certaine jalousie légitime – de la part des citoyens des autres membres de l’entité maghrébine.
Secundo, les populations maghrébines sont politiquement et civiquement mûres pour accompagner la concrétisation du projet de l’union maghrébine. Car, quand un citoyen algérien commence à suivre l’actualité de son voisin marocain et appelle à importer un projet qui y a été réalisé, cela fait immédiatement penser à un citoyen français – par exemple – manifestant contre le système des retraites de son pays et appelant son gouvernement à s’inspirer de l’expérience espagnole en la matière.
Tertio, s’inspirer de l’expérience de l’autre ne doit aucunement être considéré comme un abaissement devant lui. Si le Maroc a été le premier pays de la région à lancer l’Initiative nationale pour le développement humain, il est normal que son expérience puisse servir d’exemple pour les autres pays. Avec ses succès et ses échecs. En Algérie, le plan de relance économique lancé par le président Abdelaziz Bouteflika et qui vise à ressusciter l’économie de son pays, est aussi une expérience intéressante qui peut être utile, à quelques différences près, à la Mauritanie qui est devenue un pays producteur de pétrole mais qui a besoin d’une relance économique. Il faut juste qu’ils attendent un peu pour voir si ça marche en Algérie. Sinon, il faudra chercher ailleurs. C’est de bonne guerre.

 

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