USA : Un 4 juillet à haut risque

«Depuis le 11 septembre, nous ressentons une unité nationale plus ferme et une appréciation plus profonde des choses qui importent le plus dans la vie : la foi, l’amour de la famille et des amis, et la liberté» a déclaré le président américain dans son message adressé à la nation, à l’occasion du 4 juillet. «En cette nouvelle ère, le peuple américain apprécie également davantage les idéaux qui ont fait la force du pays. Nos excellentes forces armées mènent une lutte victorieuse contre le terrorisme. Elles méritent la reconnaissance de toute personne éprise de liberté» a ajouté George W. Bush qui était attendu ce jeudi à Ripley, dans l’ouest de la Virginie, pour rendre hommage aux anciens combattants.
Ce 4 juillet, les Américains étaient donc, comme chaque année, invités à fêter l’indépendance de leur pays proclamée en 1776. Mais le mot d’ordre de la Maison blanche comme du FBI était avant tout la « vigilance ». Une série de rapports des services de renseignements ont en effet annoncé à plusieurs reprises un risque particulier d’attentats. Des attaques qui, outre le caractère symbolique de cette journée, seraient d’autant plus meurtrières qu’un nombre important de rassemblements était évidemment prévu à travers tout le pays. Le porte-parole de la Maison blanche Ari Fleischer a déclaré mardi ne pas savoir si le risque était classé jaune (risque élevé) ou orange (important) – échelle de menaces créée après le 11 septembre -, tout en avouant que «les grands rassemblements posent des problèmes de sécurité que les Américains connaissent bien».
Placés dans un climat de frénésie sécuritaire et de menaces terroristes constantes, les Américains semblent pour leur part ne plus vouloir céder à la panique. En tout cas, selon un sondage publié dans le magazine Newsweek cette semaine, 75 % d’entre eux pensaient «ne pas éviter les grandes villes comme New York et Washington» le 4 juillet. Et ce même si 57 % «sentent qu’un attentat contre les grandes villes ou les symboles des Etats-Unis est possible». Possible, oui, mais les services de sécurité américains n’ont pu se contenter que d’avertissements et de mises en état d’alerte des autorités locales comme fédérales. Le département d’Etat a également mis en garde les ressortissants américains voyageant à l’étranger, leur demandant de rester vigilants tout au long de l’été.
Après le récent attentat contre le consulat de Karachi (Pakistan) et son possible financement par Al-Qaïda, l’arrestation d’un homme porteur de la «bombe sale», le projet d’attentat contre l’ambassade américaine à Paris, la menace est évidemment à prendre au sérieux. Mais ces multiplications d’avertissements, ces fréquentes alertes aux attentats, si elles maintiennent la population américaine dans un climat de terreur, n’empêchent pas la presse de continuer de s’interroger. Car les Etats-Unis vivent dans un malaise encore plus profond, avec cette redoutable question : « que savaient les autorités à la veille du 11 septembre ? ». Que savait le FBI ? Des rapports concernant des menaces d’attentat ont-ils été négligés ? Que savait George W. Bush ?

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