USFP : El Gahs pointe les dysfonctionnements

C’est en sa qualité de membre de la Commission administrative de l’USFP, que Mohamed El Gahs s’est exprimé sur les colonnes de « Al Ahdath Al Maghibiya », dans son édition du 9 novembre 2003, pour prendre position sur les questions de l’heure qui se posent à son parti toutes tendances confondues. Dès les premières lignes, il affiche son parti-pris, alors que d’autres attendent probablement que les nuages planant sur la direction du parti soient dissipés et qu’il y ait plus de visibilité à l’horizon, pour réagir. Politiquement, organisationnellement, et sur le plan moral, Mohamed Elyazghi est par évidence, dit-il sans ambages et de manière claire et tranchante, le premier secrétaire de l’USFP. Mais là n’est pas la question. Sans verser dans les détails, il épingle la partie qui avait la charge de conduire l’USFP vers une défaite cuisante et attribue à cette dernière l’enterrement, par une gestion individualiste, des dispositions politiques et organisationnelles du VIème congrès national. La crise au sein de l’USFP, explique-t-il, ne date pas de la fameuse nuit du samedi 1 novembre. Car, si crise il y a, c’est bien depuis les longues dernières années, notamment, depuis la disparition de feu Abderrahim Bouabid, l’effondrement tragique de l’identité social-démocrate du parti et la confusion qui se traduit par l’appel, à la fois, au bloc historique, au populisme, au nihilisme, et à la complaisance avec l’adversaire politique intégriste. En un mot, il résume la problématique de son parti par une perte d’identité qui est à l’origine de son échec. Un fait sans précédent dans l’histoire de la politique et de la démocratie, dit-il, qui consiste en la transformation, par le génie de la direction du parti, d’une importante victoire en termes d’acquisition de sièges et de communes, lors des dernières élections, en un échec patent. Et d’énumérer les différentes lacunes qui sont à l’origine de cette débâcle, notamment l’adoption du mode de scrutin de liste à la proportionnelle, sachant dorénavant que c’est le plus mauvais mode de scrutin qui puisse exister pour un grand parti et pour la stabilité et la gestion des institutions. Or, après tout ce gâchis, on veut parler de la méthodologie démocratique ! Autre bévue non moins importante, l’adoption du mode précité suppose de prime abord que tout se fait à travers le jeu des alliances, d’où la nécessité de leur arrêt, en amont et en aval, afin d’éviter toute surprise et tous les effets secondaires et sans intérêt d’une telle opération. Alors que tout cela est écrit noir sur blanc dans la plate-forme politique du sixième congrès, dans la pratique le parti n’a eu droit qu’à une perte de boussole et à des erreurs mortelles. Dans cette optique d’égarement et de perte de vue, sont intervenues les attentats terroristes du 16 mai, et une fois de plus l’USFP a raté son rendez-vous pour se confirmer en tant que défenseur des valeurs de démocratie, de solidarité et d’ouverture. Le lendemain de ces événements tragiques, alors que le pays saignait encore, certains de ses membres se sont retirés à l’ombre, d’autres ont préféré le langage de la complaisance alors que la voix authentique du parti fut censurée et sacrifiée sur l’autel des petits calculs. Faut-il, donc, étaler devant l’opinion publique les PV des réunions du Bureau politique? Et le réquisitoire contre la gestion qui a prévalu ? Ambiguïté et improvisation des positions lors des élections, confusion et contradictions au niveau des références, absence de clarté dans le discours et surtout de perspectives. Bref, autant de facteurs qui expliquent la décadence et qui n’arrivent pas à accompagner l’élan démocratique et moderniste du Souverain. Tels sont, en substance, les traits d’un bilan d’une gestion qui ne ménage guère Abderrahman Youssoufi, le premier secrétaire sortant du parti.

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