Washington attend un geste de l’Inde

Après un entretien téléphonique, mardi, entre le secrétaire d’Etat américain Colin Powell et le président pakistanais Pervez Musharraf, Washington recevait ce mercredi le ministre indien de l’Intérieur, Lal Krishna Advani. Décidés à intervenir pour apaiser le regain de tensions qui opposent l’Inde et le Pakistan depuis l’attentat contre le Parlement de New Delhi le 13 décembre dernier, les Américains attendaient un geste du représentant indien envers la paix. Car selon Washington, le premier pas en ce sens a été effectué par Islamabad, lundi, lorsque le général Musharraf accompagné du Premier ministre britannique Tony Blair, avait réaffirmé son rejet du terrorisme, qu’il soutiendrait – au contraire – selon l’Inde.
Arrivé mardi aux Etats-Unis, le ministre indien de l’Intérieur était ainsi poussé à multiplier les gestes conciliants envers le Pakistan. Lal Krishna Advani a rencontré le ministre de la Justice John Ashcroft, puis le secrétaire d’Etat Colin Powell, avant de s’entretenir avec le président George W. Bush et sa conseillère pour la Sécurité nationale, Condoleezza Rice. « La manière la plus efficace (pour répondre à Musharraf) est de faire des choses qui désamorcent les tensions entre les deux parties », a précisé mercredi un haut responsable américain. Le Pakistan a en effet arrêté plus de 200 islamistes depuis l’attaque suicide contre le Parlement de New Delhi du 13 décembre dernier. Quand, lundi, Musharraf a laissé entendre qu’il pourrait ordonner un nouveau coup de filet, New Delhi a déclaré ne relever aucun changement de position d’Islamabad « concernant le terrorisme dirigé contre l’Inde ». La visite aux Etats-Unis d’Advani sera quant à elle suivie la semaine prochaine par celle d’un autre membre du gouvernement indien, le ministre de la Défense George Fernandes. Des responsables ont par ailleurs laissé entendre que Colin Powell pourrait faire escale dans le sous-continent la semaine prochaine. Ce renfort diplomatique n’a cependant pas empêché la poursuite des combats sur le terrain. Mardi soir, un policier pakistanais a été blessé par des tirs à l’arme légère le long de la frontière qui sépare les deux puissances nucléaires. Des affrontements sporadiques se sont aussi produit dans le district de Kotli, et près de la ville de Sialkot, dans le Pendjab pakistanais (Nord). Les forces indiennes ont par ailleurs entamé le siège mercredi d’une mosquée du Jammu-et-Cachemire où plusieurs militants séparatistes se seraient retranchés. Un journal pakistanais, Dwan, rapportait quant à lui, dans son édition de mercredi, que de hauts responsables militaires des deux pays avaient établi un contact par le biais d’une ligne téléphonique d’urgence, ce qui selon lui laisse espérer qu’une guerre entre les deux pays pourra être évitée…

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