Zaher Shah n’a pas l’intention de régner

«Je suis venu pour passer le reste de ma vie avec mon peuple, pas pour essayer de rétablir la monarchie », a dit l’ancien roi, âgé de 87 ans, à l’agence de presse afghane Bakhtar. « Je veux être près de mon peuple et l’aider à trouver des solutions aux problèmes hérités de trois décennies de mauvaise gestion de l’Etat, de mauvaises politiques qui ont mené l’Afghanistan au chaos », a-t-il encore écrit dans le texte adressé à Bakhtar.
Une mise au point qui intervient trois jours après son retour en Afghanistan, jeudi. Il avait récemment dit à Rome, où il a passé ses 29 ans d’exil, qu’il souhaitait « servir (son) pays » et que le peuple afghan déciderait de son avenir. A la veille du départ de Zaher Shah de Rome, son fils Mirwais avait confié à l’AFP qu’une monarchie constitutionnelle, sur le modèle du Royaume-Uni ou des Pays-Bas, pourrait être instaurée en Afghanistan. « Je soutiens entièrement l’administration intérimaire dirigée par Hamid Karzaï.
Hamid Karzaï est un véritable patriote et a apporté une direction saine à notre pays », souligne l’ancien roi dans sa déclaration. Hamid Karzaï, chef de l’administration intérimaire afghane, est issu de la communauté pachtoune comme l’ancien roi, dont il est le plus fidèle allié. Interrogé jeudi sur une restauration possible de la monarchie, le ministre des Affaires étrangères Abdullah Abdullah avait répondu que la décision appartenait aux Afghans.
Tout au long de ses années d’exil, l’ancien roi dit avoir «enduré avec (son) peuple héroïque toutes ses souffrances, les ingérences et l’occupation étrangère, la violence politique, la guerre et les bains de sang, ainsi que les autres souffrances causées par la famine et la sécheresse». L’ancien monarque a été chargé, aux termes des accords inter-afghans signés à Bonn le 5 décembre, de présider l’ouverture le 10 juin de la Loya Jirga d’urgence, l’assemblée traditionnelle qui se réunira pour désigner un gouvernement de transition chargé d’organiser des élections démocratiques. Homayoun Shah Assefy, beau-frère de Zaher Shah et dissident de la famille royale, préconise pour l’ancien souverain «un rôle de grand sage, plutôt qu’un rôle exécutif, une sorte de père de la nation ». « Il n’a pas d’ambition politique, ce n’est pas un homme de pouvoir (…) j’ai beaucoup de respect pour lui, mais je ne partage pas la politique de son entourage», a ajouté M. Assefy en laissant entendre que le vieil homme, âgé de 87 ans, est influencé par son entourage.
Après la Loya Jirga, « il se peut qu’une majorité décide de restaurer la monarchie (…) moi je pense que ce serait une erreur.
Dans cette période critique, ce n’est pas le moment de lancer une idée qui divise», a estimé M. Assefy. Zaher Shah décrit son retour comme un des plus beaux moments de sa vie et place de grands espoirs dans la Loya Jirga, laquelle est, selon lui, une chance pour un « Afghanistan pacifique, démocratique et stable ».

• Alexandre Peyrille (AFP)

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