Zapatero ouvre les dossiers délicats

Zapatero ouvre les dossiers délicats

M. Zapatero a choisi de rencontrer mercredi six responsables étrangers pour ses premiers contacts internationaux, en marge des funérailles nationales à Madrid des victimes des attentats du 11 mars: le Premier ministre britannique Tony Blair et le Premier ministre polonais Leszek Miller, pendant la matinée, puis après les funérailles, le président français Jacques Chirac, le secrétaire d’Etat américain Colin Powell, le chancelier allemand Gerhard Schröder, et le président portugais Jorge Sampaio. « Notre message a été clair. Si on ne change pas les paramètres actuels de la présence internationale en Irak, les troupes espagnoles rentreront le 30 juin », a déclaré le ministre des Affaires étrangères pressenti Miguel Angel Moratinos, à l’issue de l’entretien avec Tony Blair.
M. Zapatero a exprimé le souhait que Londres joue son rôle à l’ONU pour que ces paramètres changent, a ajouté M. Moratinos qui assiste aux entretiens. Durant sa campagne électorale, M. Zapatero, qui a remporté les élections législatives du 14 mars, avait annoncé qu’il rappellerait les 1.300 soldats espagnols envoyés en Irak par le gouvernement de José Maria Aznar, si les troupes étrangères ne passent pas sous mandat de l’ONU. De son côté, un porte-parole de Tony Blair a laissé entendre qu’au cours de ce premier entretien entre les deux hommes, le Premier ministre britannique a pris acte de la détermination de M. Zapatero à se retirer d’Irak. « M. Zapatero a précisé la position qu’il a prise pendant la campagne électorale » espagnole, et le Premier ministre britannique « a déclaré qu’il comprenait que quelle que soit l’évolution de la situation en Irak, c’était la position que le peuple espagnol a approuvée », a-t-il dit.
Au cours de son entretien, qui était prévu mercredi après-midi, le secrétaire d’Etat américain Colin Powell devait avoir une « prise de contact » avec le prochain chef du gouvernement espagnol qui ne devrait pas être l’occasion de négociations concrètes, a déclaré pour sa part un haut responsable américain.
« Nous ne venons pas pour négocier quoi que ce soit en particulier », mais pour « commencer à établir une communication avec M. Zapatero », a déclaré ce responsable à des journalistes dans l’avion qui amenait M. Powell à Madrid. L’Administration de George W. Bush a critiqué la décision de M. Zapatero de retirer les soldats espagnols d’Irak. Les Etats-Unis ont cependant exprimé leur disposition à travailler à une nouvelle résolution du Conseil de sécurité qui permettrait à l’Espagne de maintenir des troupes en Irak, tout en respectant les engagements électoraux. L’autre volet des discussions de M. Zapatero a été la construction européenne, pour laquelle il a indiqué au cours des derniers jours qu’il voulait sortir de la situation de blocage où se trouvait le précédent gouvernement espagnol en ce qui concerne la Constitution européenne. Tony Blair « a fait preuve d’une attitude très positive pour arriver à un accord sous la présidence irlandaise », a indiqué M. Moratinos.
Au cours de son entretien avec Leszek Miller, M. Zapatero « a réitéré la volonté de l’Espagne d’avoir des relations solides avec la Pologne car c’est fondamental pour la future Constitution européenne », a remarqué M. Moratinos. « L’Espagne et la Pologne ne veulent pas d’une Europe avec un directoire, ils veulent une Europe dans laquelle tout le monde se trouve à l’aise », a-t-il dit. Sur la Constitution européenne, Madrid et Varsovie avaient adopté une position commune contre la répartition du pouvoir entre les pays européens telle que prévue par le projet élaboré par la Convention présidée par Valéry Giscard d’Estaing.

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