À son amant, Khadija offre la vie de son mari (13)

À son amant, Khadija offre la vie de son mari (13)

«Pourquoi tu étais obligé de te marier avec ta femme, Fatima ?». Une question que Khadija a posée à Fettah alors qu’ils étaient encore à bord du petit taxi. Seulement, Fettah, qui semblait n’avoir pas l’intention de répondre, l’a fixée par ses regards secs avant de lui dire : «Oublies ce sujet… Et laisses nous tranquille». Et il a tourné la page. En fait, il refusait qu’elle soit au courant de son histoire avec sa femme, Fatima, qui a fait sa connaissance en 1990. Au début de cette année, Fettah venait d’être licencié de son emploi, dans une société de confection installée à Casablanca. Sans trop chômer, il a été recruté comme gardien dans une villa appartenant à un certain Hadj Ziani, chez lequel Fatima était femme de ménage. Dans cette villa du quartier Gauthier, la relation entre Fatima et Fettah a été entamée dès le départ. En fait, les sentiments n’avaient pas de place dans leur relation. Mais, seul le sexe qui en avait eu. Ils couchaient ensemble à chaque fois que leurs employeurs n’étaient pas dans la villa. Seulement, le comportement du patron, Hadj Ziani, mettait Fettah hors de lui. Hadj Ziani était un homme de caractère, très nerveux, très dur, sans pitié, qui ne respectait jamais ses employés, qui les traitait comme des esclaves, les insultait et les blessait par ses mots injurieux. Personne ne pouvait lui adresser la moindre parole, ni lui demander quoi que se soit, même un conseil. Fettah ne le supportait pas au point qu’il a pensé à mainte reprise d’aller chercher un emploi ailleurs. Mais, Fatima l’obligeait de renoncer à son idée de partir. C’était un dimanche du janvier 1991. Vers dix-huit heures et un quart, Hadj Ziani a arrêté sa voiture devant la porte de sa villa. Il a klaxonné. Personne ne lui a ouvert. Il a continué à klaxonner. Mais en vain. Où était le gardien? Il était sur le lit avec Fatima. Ce n’est que tardivement qu’il est venu lui ouvrir la porte de la villa. Hors de lui, Hadj Ziani l’a insulté. Bien qu’il était en colère, Fettah est arrivé à retenir ses nerfs, au moins provisoirement. Car, au fond de sa tête, il a décidé de se venger. Comment ? Il n’a dévoilé son idée, ni son plan à personne, même pas à Fatima. Le lendemain, il a acheté un couteau et une corde en plastique verte. Il les a cachés dans un coin du cagibi qu’il occupait dans la villa. Quatre jours plus tard, Hadj Ziani et sa femme, Latifa ont décidé vers l’après-midi de faire des courses. Leur fille, encore mineure, ne les a pas accompagnés, elle est restée dans sa chambre à regarder la télévision. A la cuisine, il y avait Fatima et à l’entrée de la villa se tenait Fettah. Tout d’un coup, celui-ci est rentré dans son cagibi, a saisi le couteau et la corde en plastique verte, a abandonné l’entrée de la villa, a rejoint Fatima à la cuisine, l’a sollicitée de se taire, de ne demander ni secours, ni police, de le soutenir pour se venger de leur patron… Elle lui a demandé ce qu’il pensait faire. «Je vais me venger de l’Hadj Ziani…», a-t-il répondu à Fatima qui tremblait de peur. «En tuant sa fille ?», s’est-elle demandée tout en essayant de le calmer. «Arrêtes de dire n’importe quoi», a-t-il répondu. «Mais qu’est-ce que tu vas lui faire avec une corde et un couteau ?». Fettah a mis le couteau entre les deux yeux de Fatima et l’a menacée de meurtre si elle a décidé de demander secours. Et il est parti vers sa cible.

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